Je suis là de Clélie Avit
Feel good·3 min de lecture
Chronique d’archive : ce livre avait été chroniqué ici en 2015. Voici notre fiche de lecture.
Avec Je suis là, Clélie Avit signe un premier roman qui interroge la frontière entre la vie et l'éveil. Une histoire d'amour improbable, portée par une écriture délicate.
- Un homme s'attache à une inconnue plongée dans le coma.
- Un roman qui joue avec le réel et l'imaginaire.
- Une lecture émouvante, malgré quelques longueurs.
C'est quoi l'histoire ?
Thibault, en visite à l'hôpital, croise le regard d'une femme endormie. Il lui parle, elle l'entend. Une histoire d'amour naît.
Thibault, la trentaine, se rend à l'hôpital pour voir son frère Sylvain. Par erreur, il entre dans la chambre d'Elsa, une jeune femme dans le coma. Il s'assoit, lui parle, et découvre qu'elle perçoit tout, sans pouvoir réagir.
Ce qui commence comme un simple monologue devient un dialogue silencieux. Thibault revient chaque jour, raconte sa vie, ses doutes, et peu à peu, un lien se tisse entre eux. Elsa, prisonnière de son corps, s'accroche à cette voix qui la maintient en vie.
Le roman suit cette relation hors norme, entre espoir et désespoir, jusqu'à un dénouement qui laisse le lecteur suspendu.
Une romance crédible ?
Le postulat est audacieux, mais l'autrice le rend plausible grâce à une écriture sensible et des personnages attachants.
On pourrait craindre une invraisemblance totale, mais Clélie Avit construit son récit avec une délicatesse qui emporte l'adhésion. Les pensées d'Elsa, retranscrites en italique, donnent une profondeur au personnage et rendent sa situation poignante.
Thibault n'est pas un héros lisse : il est fragile, parfois maladroit, mais sa persévérance touche. L'autrice évite le pathos et installe une tension émotionnelle qui rend la romance crédible, malgré l'étrangeté du contexte.
On se surprend à croire à cette histoire, à espérer avec eux, ce qui est la preuve d'une narration maîtrisée.
Et si c'était un conte moderne ?
Je suis là s'apparente à un conte où le réel se mêle au merveilleux. La comateuse devient une princesse endormie, et Thibault un prince qui la réveille par la parole. Mais l'autrice détourne le schéma classique : ici, c'est l'amour qui éveille, pas un baiser.
Le roman explore aussi la frontière entre la vie et la mort, la perception et l'absence. Il pose des questions sur la conscience et la communication, sans jamais tomber dans le médical ou le documentaire.
Cette dimension onirique donne au texte une atmosphère unique, à la fois douce et inquiétante, qui rappelle certains films de science-fiction sentimentale.
Référence du livre, publié chez Éditions France loisirs en 2016, voir la notice de la Bibliothèque nationale de France.
Faut-il le lire ?
Oui, pour son originalité et sa tendresse, même si le rythme retombe parfois au milieu.
Ce premier roman a reçu un accueil mérité, et on comprend pourquoi. Il offre une expérience de lecture différente, qui sort des sentiers battus de la romance contemporaine. On se laisse porter par l'écriture fluide et les émotions justes.
Le milieu du récit connaît quelques longueurs, avec des répétitions dans les visites de Thibault. Mais la dernière partie relance l'intérêt et apporte une conclusion satisfaisante.
En définitive, Je suis là est un roman touchant, qui mérite d'être découvert pour sa singularité. On en ressort avec une émotion persistante et une réflexion sur la force des mots.
Questions fréquentes
Est-ce que l'histoire est réaliste ?
Non, mais c'est justement sa force. L'autrice crée un univers où l'impossible devient touchant.
Le roman est-il triste ?
Il est émouvant mais pas larmoyant. La fin laisse une place à l'espoir.
Pourquoi ce titre 'Je suis là' ?
Il reflète la présence de Thibault auprès de la comateuse, mais aussi la présence de celle-ci dans sa vie.