Adopte un veuf (2016), la colocation qui répare la vie
Feel good·5 min de lecture
Chronique d’archive : ce sujet avait été traité ici en 2016. Voici notre version.
Hubert, veuf, s’accroche à son chagrin dans un appartement trop grand. L’arrivée d’une jeune femme spontanée et de deux autres pensionnaires va transformer ce lieu en un cocon d’humanité.
- Un scénario simple mais porté par un casting en état de grâce.
- L’équilibre entre humour et émotion, sans tomber dans la guimauve.
- Un film qui réchauffe le cœur et redonne foi en la rencontre.
C’est quoi l’histoire ?
Hubert, veuf récent, vit seul avec ses habitudes. Un quiproquo lui impose une colocation avec Manuela, puis deux autres, transformant sa vie.
Le film s’ouvre sur la routine d’Hubert, un agriculteur à la retraite (oui, on change un peu) qui ne sort de son apartmenté pour rien, sauf pour se lamenter. Il a bien un locataire, mais c’est un moineau dans une cage : un soupir constant.
Tout bascule quand Manuela débarque, fleur bleue et aventurière échappée du Périgord, qui a signé pour le logement avec un malentendu. Elle devient son premier pensionnaire. Puis il accepte Paul-Gérard, un mari quitté, et Marion, une infirmière sans temps.
Chacun vient avec ses fêlures, mais ils vont former une famille de substitution, avec des plans cul en cuisine et des leçons de vie à la clé. Le film a le rythme d’une comédie romantique d’été, mais au cœur, c’est une amitié qui se construit.
Le film a-t-il vieilli ?
Une comédie légère qui laisse une voix un petit peu datée (scènes de smartphones et de réseaux), mais son message sur la résilience reste actuel.
Neuf ans après, la comédie humaniste de François Desmazes conserve une fraîcheur dans sa thématique. La nécessité du lien social n’a pas disparu, et le système de relations de la colocation n’est pas désuet.
Ce qui a vieilli, c’est une certaine manière de filmer la jeunesse (la galerie des téléphones à clapet n’aidera pas). Mais la fiction ignore ces détails: le film joue sur le contraste de l’âge et s’intéresse à Hubert, et ses voisins.
Une petite patine réchauffe le déjà-gros trope du veuf grincheux et de la voisine pétillante. Mais la bienveillance l’emporte et l’émotion paraît juste, pas forcée.
Faut-il le voir aujourd’hui ?
Pour une après-midi cocooning, oui : le film distribue sourires, larmes et envie de serrer ses proches. C’est un feel-good assumé.
Si vous cherchez un film qui ne soit ni cynique ni trop acide, Adopte un veuf est un bon choix. Il appartient au registre du feel-good français, qui sait parler des pertes sans être plombé.
La réalisation reste projective, avec des plans simples, mais la direction d’acteurs est redoutable. Les répliques font mouche et les bases musicales (on ne la dira pas) servent les émotions.
On est loin des blockbusters, mais le film de François Desmazes se voit comme une parenthèse, où l’homme réapprend à vivre en communauté. A voir avec un chien sur les genous et un plaid.
La force du trio improbable
Dussollier en livre un des personnages les plus tendres, baille, les deux coéquipiers, apportent un jeu qui bouleverse le format de la comédie.
André Dussollier, en Hubert, se déride avec nuances. Il incarne la solitude sans lourdeur et la naissance du sourire se lit, comme on suit une arias de bois qui se met au vert.
Manuela est incarnée par une jeune actrice – qui ne se nomme pas ici, mais sublime la jeunesse des personnages – et elle vous donne une énergie chaque fois qu’elle apparaît. Paul-Gérard et Marion creusent les collatéraux.
La cinéaste segmente le groupe sans jamais le rendre ganze. Chaque membre a sa solitude, et l’ensemble tient par un certin bienveillance à l’ancienne. Ça fait du bien.
C’est quoi le goût de ce film ?
Il a l’arôme des clins à la Demi-douleur, sur un dans une France des quartiers, avec du simple et une recette de colocation.
Un vrai saturé de dulce. Il puise chez des Trois hommes et un couffin, les chefs de latour de la vie en communauté. On y retrouve le bon goût de la cinephilie fleur bleue.
La vie est sans dult sur les pellicules. Le titre promet une veuve à qui on banque, mais l’accent est la tendresse, pas l’humour noir. C’est une comedie romantique de la reconstruction ou the ménage qui vient après.
L’après-midi-coussin, le film est le meilleur des invités. On finit avec le sentiment que, même si la vie frappe, il est encore possible de s’entraider.
Questions fréquentes
Est-ce que le film est adapté d’une histoire vraie ?
Non, c’est une histoire originale écrite pour le cinéma, mais elle s’inspire des réalités de la colocation et du deuil. Elle n’est pas biographique.
Quel est le message principal du film ?
Le deuil peut se partager, et c’est dans l’entraide qu’on retrouve le goût de vivre. Même les grande solitudes se rompent avec un peu de folie.
Y a-t-il des scènes attendrissantes qui font pleurer ?
Oui, certaines basiliques expriment la peur du vide, et elles sont accompagnées par un touche d’humour. On passe du rire aux larmes sans jamais être pris.