Ce que je mets dans ma valise cet été (et ce que je laisse)
Comédie romantique·4 min de lecture
L’été a pointé le bout de son nez il y a quelques jours et je vois déjà passer partout les fameuses sélections de lectures de plage. J’adore ça, je les lis toutes, et pourtant je m’en méfie. Parce que j’ai un lourd passé en la matière : chaque année je pars avec sept livres, j’en lis deux, je ramène les cinq autres cornés par le fond du sac et jamais ouverts. Cette année j’essaie d’être un peu plus honnête avec moi-même.
Le grand mensonge du livre exigeant en vacances
Tous les mois de juin, la même scène se rejoue chez moi. Je regarde ma bibliothèque, je repère les pavés que je repousse depuis deux ans, et je me dis que les vacances seront le moment idéal. J’aurai du temps, je serai reposée, je vais enfin m’y mettre. C’est faux. Archifaux. En vacances je suis interrompue toutes les dix minutes, je lis dans le bruit, je m’endors au bout de quatre pages avec le soleil sur le nez.
Le livre qui fonctionne l’été n’est pas forcément un livre bête. C’est un livre qui supporte l’interruption. Un roman dont on peut lâcher le fil pendant deux heures et retrouver l’histoire sans relire trois chapitres. Ça exclut les romans à structure compliquée, les récits à multiples narrateurs qu’on confond, les textes où chaque phrase demande de l’attention. Ça n’exclut pas la qualité, et c’est toute la nuance.
Les comédies, valeur sûre de la serviette
Ma première catégorie, sans surprise pour qui traîne ici régulièrement. La comédie sentimentale a beaucoup de défauts mais elle a une immense qualité : elle avance. Il y a une héroïne, un problème, des catastrophes, et on veut savoir. C’est exactement ce qu’il faut quand on lit trois quarts d’heure par jour entre deux baignades.
Cette année, j’emporte le deuxième roman de Marie Vareille, Je peux très bien me passer de toi, qui vient de sortir chez Charleston. Son premier livre m’avait fait rire tout seul dans le train l’an dernier, ce qui est toujours embarrassant, et je repars donc avec confiance. Je garde aussi Demain est un autre jour de Lori Nelson Spielman, paru au Cherche Midi et depuis longtemps disponible en poche, dont on me dit tellement de bien que ça devient gênant de ne pas l’avoir lu.
Petite règle personnelle sur cette catégorie : jamais deux comédies d’affilée. Passé le deuxième roman, je commence à voir la mécanique, à deviner qui finira avec qui à la page quarante, et le plaisir tombe. Il faut alterner, sinon on se dégoûte de son propre rayon préféré.
Le format compte plus qu’on ne croit
Personne n’en parle jamais dans les sélections d’été et pourtant c’est décisif. Un grand format neuf, on n’ose pas le poser sur le sable, on le protège, on culpabilise quand la couverture gondole à cause de l’humidité. Résultat, on ne le sort pas du sac. Le poche est fait pour ça. Il se corne, il se plie, il se prête, il se perd sans drame. J’ai fini par acheter en poche systématiquement pour les vacances, quitte à posséder deux fois le même titre, et je n’ai aucun regret.
Autre astuce que j’applique depuis deux ans : le livre déjà lu. Un roman que j’ai adoré, que je connais par cœur, et que je relis avec le plaisir tranquille de savoir où je vais. C’est le filet de sécurité. Quand la pile emportée me tombe des mains, j’ai toujours celui-là. Cette année ce sera un petit roman espagnol dont j’ai parlé cette semaine, court, doux, parfait pour un après-midi sans énergie.
Et puis il y a la troisième catégorie, la plus importante : le livre acheté sur place. Dans une librairie de bord de mer, sur un marché, dans une boîte à livres de camping. Celui-là n’est jamais prévu et c’est souvent le meilleur souvenir de lecture de l’été. J’ai découvert des auteurs entiers comme ça, par hasard, parce qu’il pleuvait et qu’il n’y avait rien d’autre à faire.
Alors combien de livres cette année ? Quatre. J’ai dit quatre. Vous pouvez venir vérifier ma valise en septembre, mais je vous préviens tout de suite que je risque de tricher un peu. Si vous voulez fouiller mes lectures des derniers mois avant de faire votre propre sélection, tout se trouve dans mes chroniques. Et si vous avez une pépite d’été à me souffler, la boîte à commentaires est là pour ça.