« Tout va bien » de Nina Lacour : un roman sur le deuil et l’amitié

Feel good·5 min de lecture

Chronique d’archive : ce livre avait été chroniqué ici en 2020. Voici notre fiche de lecture.

Après la tragédie, une jeune fille fuit sa vie californienne pour New York, où sa meilleure amie vient la retrouver. Nina Lacour explore avec pudeur la reconstruction d’un cœur brisé.

En bref
  • Un récit intime sur le deuil, porté par une atmosphère douce et mélancolique.
  • L’amitié et l’amour se mêlent dans une lente mais poignante quête de réconciliation.
  • Une lecture qui réchauffe, idéale pour les soirées d’hiver.

C’est quoi l’histoire ?

Marine, rescapée d’une tragédie, a tout quitté pour New York. Lorsqu’elle voit Mabel, sa meilleure amie qu’elle aimait peut-être plus, une brèche s’ouvre dans son déni.

Marine a perdu son grand-père, seul parent au monde, dans des circonstances qui la rongent. Pour se protéger, elle a tourné le dos à son passé, à sa Californie natale et à Mabel, avec qui elle partageait tout. Des mois plus tard, elle attend ses vacances d’hiver dans le dortoir vide de son université new-yorkaise.

La visite annoncée de Mabel la force à regarder en face les non-dits, la culpabilité et le béance béante que la solitude a creusée. Nina Lacour tisse une histoire intime, presque murmurée, sur le deuil et la renaissance.

Une atmosphère qui prend son temps

Sans ce section : pas de question ici, mais une respiration. Le roman s’imprègne de l’hiver new-yorkais, de la neige, des cafés trop chauds, et de l’attente qui finit par céder.

Non, ici il ne se passe presque rien, pourtant tout se joue dans les silences et les regards prudents. Nina Lachour excelle à créer une tension sourde, celle de deux êtres qui ne savent plus comment se parler. La neige tombe, les pages prennent le temps de respirer, et nous, lecteurs, on se laisse porter par cette mélancolie douce.

Mais cette lenteur est nécessaire : elle permet aux sentiments de mûrir, aux blessures de s’exposer, jusqu’à ce que l’émotion finale frappe. C’est un roman qui ne crie pas, mais qui chuchote avec une forte intensité.

Un récitage non linéaire, mais fluide ?

Les allers-retours entre passé et présent enrichissent le récit sans jamais égarer le lecteur, à condition de s’accrocher pas pour pas.

L’autrice imbrique habilement les souvenirs de la Californie, de l’avant-du-tout, et l’instant présent. Chaque flash-back est un morceau de puzzle qui peu à peu recompose une vérité douloureuse. C’est délicat mais limpide, à l’image d’un fil tissé dans une palette de lumière.

Le point de vue interne de Marine ne faiblit jamais, et nous tenons avec elle au plus près de son cœur recomposée. Peut-être qu’on aimerait une ligne plus directe, mais ce choix narratif confirme ce brouillard de l’après-traumatisme.

Des personnages sans esbroufe

Cette section est une pause sans question : on parle ici des retrouvailles entre Marine et Mabel, sans sortir de l’essentiel.

Marine est un portrait si juste d’une personne qui lutte pour ne plus sentir, que l’on tombe immédiatement sous le charme. À ses côtés, Mabel apparaît comme une force tranquille, prête à briser les remparts mais sans jamais écraser. C’est un couple amêche-victoire, mais la vraie trame est cette amoureuse amitié, jamais nommée.

Aucune caricature, aucune facilité : chacun semble vécu de l’intérieur, et c’est grâce à cela que nous pouvons nous y retrouver.

Référence du livre, publié chez Hugo en 2020, voir la notice de la Bibliothèque nationale de France.

Faut-il lire « Tout va bien » ?

Oui, pour celles et ceux qui cherchent un roman sincère sur les liens qui astiennent, sans heurts ni excès, mais avec une émotion au mètre.

Ce roman est loin des clichés du genre : pas de love story qui éclate au premier baiser, mais une histoire d’acceptation et de reconstruction, où l’amour reste à images lag, en off. La plume de Nina Lost est épurée, avec une sensibilité qui nous parle à l’âme.

On referme « Tout va bien » avec une sensation de douceur et une envie de regarder le monde avec moins de pudeur. Une belle lecture pour l’été, mais qui étreint peut-être encore plus sous un plaid en hiver.

Questions fréquentes

Ce roman est-il une romance comme les autres ?

Non, la romance ici est secondaire et se reprend sous les traits d’une amitié qui a grandi. L’accent est dur sur le deuil et la résilience, avec une conclusion qui invite au pas en avant.

Faut-il avoir lu le précédent roman de l’autrice pour le comprendre ?

Aucun prérequis : chaque livre est indépendant. On peut savourer la plume de Nina Lachap et cette histoire pour ce qu’elle est : un moment d’émotion allé.

Le rythme peut-il être trop lent pour certains ?

Possible, mais cette lenteur répond à un choix artistique. Pour qui accepte de se laisser porter, l’intimité du récit devient un carapace, une profondeur qui récompense.

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