Une pile de romans aux tranches colorées sur un rebord de fenêtre — illustration de « « Sans faute » de Maloria Cassis : du handball, des livres et une porte d'à-côté »

« Sans faute » de Maloria Cassis : du handball, des livres et une porte d’à-côté

New romance·4 min de lecture

Bonjour tout le monde ! Deuxième chronique de mes vacances, et cette fois je vous parle de Sans faute de Maloria Cassis. Je suis abonnée à sa newsletter, et j’avais découvert les premières lignes de ce roman de cette façon, plusieurs mois avant sa sortie. Autant dire que je tournais autour depuis un moment. Ces premières pages m’avaient intriguée sans que je sache exactement pourquoi, et il fallait bien que je vérifie.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, laissez-moi souligner une chose : du handball. Dans une romance française. Je crois que je n’avais jamais lu ça. On a le hockey américain à ne plus savoir qu’en faire, le football, la boxe à l’occasion, mais le handball reste un territoire à peu près vierge. Rien que pour ça, j’avais envie que ça marche.

C’est quoi le pitch ?

Charlène Lacroix passe ses journées à traduire et à lire, enfermée dans le domaine familial qui l’a vue naître. La vie lui a appris que s’attacher à quelqu’un constitue un risque disproportionné, alors elle maintient une distance de sécurité avec tous ceux qui pourraient réveiller quelque chose chez elle. Le système fonctionne plutôt bien, jusqu’au jour où son père, entraîneur de handball, décide d’héberger un joueur pendant quelques semaines.

Ce joueur, c’est Alek Novakovic. Promis à une grande carrière, il se retrouve du jour au lendemain relégué dans un club de moindre envergure pour se remettre d’une blessure. Du moins, c’est ce qu’il affirme. Entre Charlène et Alek, le contact est explosif dès la première rencontre, et pas dans le bon sens. On est en plein hate-to-love, avec deux personnages qui ont chacun d’excellentes raisons de ne pas baisser la garde.

Une héroïne de papier qui lit du papier

Charlène est traductrice et lectrice compulsive, et j’ai un faible avoué pour les héroïnes qui font ce métier. Maloria Cassis évite le piège de la caricature : Charlène ne passe pas son temps à citer des auteurs pour prouver qu’elle est cultivée, elle travaille, elle bute sur des phrases, elle procrastine. Le rapport aux livres sert surtout à montrer ce qu’elle fuit. Tant qu’elle vit dans les histoires des autres, elle n’a pas besoin d’en écrire une.

Alek, lui, m’a demandé plus de patience. Le premier tiers m’a paru un peu attendu, avec ses répliques cinglantes et son air de type qui sait tout mieux que tout le monde. Et puis le roman commence à décoller son personnage du modèle, notamment sur ce qui l’a réellement conduit dans ce club. Sa version des faits ne tient pas, on le sent très tôt, et l’attente de la vérité fournit une bonne partie de la tension du récit.

Le handball, lui, occupe une place bien dosée. On voit les entraînements, la douleur, la peur de ne plus jamais retrouver son niveau, sans que le roman se transforme en manuel technique. Je ne connais rien à ce sport et je n’ai jamais été perdue. À l’inverse, j’imagine que ceux qui le pratiquent auront le plaisir de reconnaître des choses. C’est un équilibre difficile à trouver et l’autrice s’en sort bien.

On en pense quoi ?

C’est une romance qui prend son temps, et il faut le savoir avant de commencer. Si vous cherchez une lecture rapide et légère pour les fêtes, ce n’est pas exactement le bon choix. Le rythme est lent dans la première moitié, volontairement, parce que Charlène ne s’ouvre pas en trois chapitres. Une fois passé ce cap, en revanche, j’ai lu la seconde partie presque d’une traite.

J’ai eu quelques réserves sur le personnage du père, dont les motivations m’ont paru un peu commodes. Installer un jeune homme sous le toit de sa fille recluse, sans lui en parler, c’est le genre de décision qui existe surtout parce que le roman en a besoin. Ça se pardonne, mais je l’ai noté.

Au final, Sans faute m’a donné ce que j’espérais : deux personnages abîmés qui apprennent à se supporter avant d’apprendre autre chose, et un décor qu’on ne voit jamais ailleurs. Maloria Cassis est une autrice que je vais continuer à suivre de près, et je suis contente d’avoir cédé à cette newsletter.

Publications similaires