Un roman broché à couverture pastel posé sur un plaid en grosse maille — illustration de « « Cooper Training - Harry » de Maloria Cassis : la fin d'une trilogie que j'ai adorée »

« Cooper Training – Harry » de Maloria Cassis : la fin d’une trilogie que j’ai adorée

New romance·4 min de lecture

Deuxième chronique de la journée, il faut croire que je rattrape mon retard. Cette fois je vous parle d’une sortie poche que j’attendais depuis l’été : « Cooper Training – Harry », le troisième et dernier tome de la trilogie de Maloria Cassis, chez Hugo Poche. Vous m’avez entendue parler de Julian et de Calvin pendant des semaines l’an dernier. Harry, on l’apercevait en arrière-plan, avec cette manière très nette de ne jamais se mettre au centre. J’avais hâte de savoir ce qu’il cachait.

Le pari du dernier tome est toujours risqué. On connaît déjà la famille, le décor de San Diego, la salle de sport, les habitudes. Il faut donc que le personnage principal tienne seul la baraque, sans l’effet de découverte. Maloria Cassis s’en sort en misant sur ce qui marche le mieux chez elle : les non-dits.

Maddie et Harry, six ans plus tard

Maddie revient à San Diego après plusieurs années d’absence. Elle est tatoueuse, elle réussit, elle s’est refait un cercle d’amies. Il lui manque une histoire qui dure, et elle le dit sans honte, ce que j’ai trouvé rafraîchissant. Trop d’héroïnes de romance passent leur temps à prétendre qu’elles n’ont besoin de personne pour finalement tomber amoureuses en trois chapitres. Maddie, elle, assume qu’elle a envie de quelque chose de solide.

Harry, de son côté, ne pense qu’à la marque Cooper Training qu’il veut faire grandir avec ses frères. L’histoire d’amour arrive en dernier sur sa liste de priorités, très loin derrière le travail. Sauf que Maddie et lui se sont aimés il y a six ans, qu’une nuit a tout fait dérailler, et que le retour de la jeune femme rouvre un dossier que personne n’avait envie de rouvrir.

La seconde chance est un ressort que j’adore et dont je me méfie en même temps, parce qu’il tourne souvent au malentendu artificiel qu’une seule conversation aurait suffi à dissiper. Ici, l’autrice évite le piège. Ce qui les a séparés est réel, ce n’est pas une histoire de téléphone mal raccroché, et la réparation demande du temps. J’ai apprécié que Maddie ne pardonne pas au bout de quarante pages juste parce que Harry a de belles épaules.

Une fratrie qui fait tout le sel de la série

Ce que j’aime dans cette trilogie, c’est le collectif. Les frères Cooper se charrient, se soutiennent, se disent des choses désagréables et se rattrapent. On sent que Maloria Cassis prend un plaisir évident à écrire leurs scènes de groupe. Dans ce dernier tome, retrouver Julian et Calvin en position de témoins plutôt que de héros donne une profondeur agréable, et les couples précédents ne sont pas rangés au placard comme du décor.

Le métier de tatoueuse de Maddie est bien exploité, avec des passages sur le geste, la relation au client, la manière dont on marque une peau. Ce sont ces détails qui font qu’un roman ne ressemble pas à tous les autres. Idem pour l’univers du coaching sportif, traité sans le côté catalogue de compléments alimentaires que redoutais un peu.

Je reproche tout de même au roman quelques longueurs au milieu. Il y a une série de scènes entre amis qui n’apportent pas grand-chose à l’avancée de l’intrigue et j’ai eu envie de sauter des paragraphes, ce qui ne m’arrive presque jamais chez cette autrice. Une trentaine de pages en moins auraient donné un rythme plus tendu.

Alors, faut-il le lire ?

Si vous avez aimé les deux premiers tomes, la question ne se pose même pas, vous n’allez pas laisser la fratrie en plan. Si vous ne connaissez pas la série, je vous conseille de commencer par Julian, parce que l’attachement aux personnages secondaires fait une bonne moitié du plaisir de lecture.

Le format poche est une belle porte d’entrée, à un prix qui ne fait pas mal au portefeuille en début d’année. C’est le genre de lecture que je recommande quand il fait gris dehors, qu’on a besoin de chaleur humaine et d’une histoire dont on connaît la destination sans en connaître le chemin.

Maloria Cassis referme sa trilogie proprement, sans épilogue dégoulinant et sans laisser de fil pendant. Harry n’était pas mon préféré au départ, il est finalement celui dont l’évolution m’a le plus touchée. C’est souvent le cas avec les taiseux.

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