Une liseuse et un roman empilés sur une table de chevet le soir — illustration de « « International Guy » : Paris, New York, Copenhague, et moi qui n'arrive plus à m'arrêter »

« International Guy » : Paris, New York, Copenhague, et moi qui n’arrive plus à m’arrêter

New romance·4 min de lecture

Certaines séries sont conçues pour qu’on ne puisse pas s’arrêter au premier tome, et il faut reconnaître à Audrey Carlan qu’elle maîtrise l’exercice depuis Calendar Girl. Avec International Guy, publiée chez Hugo Roman, elle recommence, mais en changeant la règle du jeu. Ce n’est plus un mois par volume, c’est une ville. Paris, New York et Copenhague ont ouvert le bal cet été, et je viens de les enchaîner sur trois soirées.

Le principe : une ville, une cliente, un problème

Parker Ellis et ses deux associés montent une agence de conseil pas comme les autres. Ils interviennent auprès de femmes puissantes, à des moments où leur vie professionnelle et leur vie personnelle se percutent. Chaque tome correspond à une mission, donc à une ville, donc à une cliente. Le format est court, les chapitres filent, et chaque volume se termine sur un accroc qui vous fait ouvrir le suivant sans réfléchir.

Sur le papier, la formule pourrait tourner à la mécanique répétitive. Dans les faits, elle tient parce qu’Audrey Carlan garde une intrigue de fond qui progresse d’un tome à l’autre pendant que la mission du moment se règle. On lit chaque volume pour la cliente, on lit la série pour Parker. C’est bien pensé, et honnêtement, c’est diablement efficace sur une lectrice fatiguée en pleine rentrée.

Paris, New York, Copenhague : mon classement

Le tome parisien pose les personnages et le fonctionnement de l’agence. C’est le plus classique des trois, et forcément celui qui doit faire le travail d’exposition. J’ai souri devant le Paris de carte postale, comme toujours quand une autrice américaine nous écrit. Les cafés, les toits, la lumière. On connaît la chanson, on ne va pas s’en plaindre, ça fait partie du plaisir.

Le tome new-yorkais est celui où la série trouve son rythme. Le décor est le terrain de jeu naturel de l’autrice, elle y est plus à l’aise, et la mission est nettement plus intéressante que dans le premier volume. C’est aussi celui où la vie personnelle de Parker commence à déborder sérieusement sur son travail, ce qui donne enfin de l’enjeu à un personnage qui, jusque-là, était surtout compétent et charmant.

Copenhague est ma préférée, et j’ai été la première surprise. Le décalage entre le décor scandinave et le ton habituel de la série produit quelque chose de plus frais. La mission autour d’une famille royale, avec deux sœurs et un prince, m’a rappelé les comédies romantiques que je regardais adolescente sans oser le dire. Il y a du kitsch assumé, une vraie légèreté, et j’ai passé un excellent moment.

Les limites du format court

Je ne vais pas prétendre que tout est parfait. Les tomes sont courts, ce qui veut dire que les clientes sont traitées vite. Chacune arrive avec un problème sérieux, une entreprise à sauver, un mariage à décider, et repart trois cents pages plus loin avec une solution qui tombe parfois un peu facilement. J’aurais aimé qu’une des missions échoue franchement, ou se règle de travers. Ça donnerait du poids au reste.

L’autre limite est financière, et je préfère le dire. Une série de ce type, achetée tome par tome, revient cher, et il faut avoir envie d’aller au bout. Si vous êtes du genre à abandonner en route, commencez par le premier volume et voyez si l’accroche fonctionne sur vous avant de vous engager. Moi, l’accroche a fonctionné dès la fin du tome parisien, donc je suis mal placée pour donner des leçons de sagesse.

Ce que je retiens, c’est le plaisir simple de lire une série pensée pour être lue vite. Il y a des livres qu’on savoure et des livres qu’on dévore, et je n’ai jamais compris pourquoi il faudrait choisir un camp. Ce mois-ci, j’avais besoin de dévorer. International Guy est arrivée au bon moment, et j’attends la suite avec une impatience que je vais avoir du mal à cacher.

Si vous cherchez d’autres séries du même genre à enchaîner, il y en a plusieurs dans mes chroniques. Prévoyez juste des soirées libres, c’est le seul conseil que je peux donner honnêtement.

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