« Love Lesson 2 » d’Emma Chase : le flirt d’été refait surface
New romance·4 min de lecture
J’avais adoré le premier tome de Love Lesson et j’attendais surtout une chose : savoir ce qu’Emma Chase réservait à Dean, le meilleur ami de Garrett. C’est chose faite, puisque le tome deux paraît demain chez Hugo. J’ai lu ces trois cents pages en deux soirées, et je crois que je les préfère au premier volume, ce qui n’était pas gagné d’avance.
Un homme qui aime que tout soit simple
Dean Walker a un mode de vie parfaitement calibré. Ses étés, il les passe à jouer de la batterie avec son groupe. Le reste de l’année, il enseigne les mathématiques au lycée de Lakeside, dans le New Jersey, où il vit depuis toujours. Côté cœur, il collectionne les rencontres sans lendemain, ce qui lui demande peu d’efforts vu le personnage. Rien dans cette organisation ne laisse de place à quoi que ce soit de sérieux, et c’est exactement l’effet recherché.
Puis il croise Lainey Burrows. Un été, une rencontre, aucune conséquence prévue. Sauf qu’à la rentrée, Lainey découvre que son flirt de vacances est le professeur de mathématiques de son fils. Elle est mère solo, elle travaille dans le lifestyle sur les réseaux, elle a une vie qui ne laisse aucune marge pour l’improvisation. Autant dire que la situation ne l’enchante pas.
Ce point de départ m’a beaucoup plu parce qu’il ne repose pas sur un secret artificiel. L’obstacle est concret, professionnel, social. Un prof et la mère d’un de ses élèves dans une petite ville où tout le monde se connaît, ça pose des problèmes réels et le roman les traite comme tels au lieu de les balayer d’un revers de main.
Ce qui change par rapport au premier tome
Le ton, essentiellement. Le premier volume était une comédie de retrouvailles, portée par la voix très bavarde de Garrett. Ici, l’humour est toujours là mais il laisse plus de place à autre chose. L’enfant de Lainey n’est pas un accessoire : il a un caractère, des difficultés en maths qui ne sont pas qu’un prétexte de rapprochement, et une manière de regarder ce nouvel adulte qui rend certaines scènes délicates.
Lainey, du coup, est une héroïne autrement plus consistante que Callie. Sa fatigue est écrite avec précision, sa méfiance est justifiée, sa réticence à mêler quelqu’un à la vie de son fils est parfaitement compréhensible. Emma Chase évite le piège de la mère célibataire courageuse et lumineuse : Lainey a des mauvais jours, elle craque, elle a des colères qui tombent au mauvais endroit.
Dean, lui, se révèle plus intéressant que ne le laissait supposer le tome un. Son goût pour la simplicité cache une histoire, et l’autrice la révèle progressivement sans en faire un coup de théâtre. J’aime beaucoup cette façon de faire : on comprend le personnage petit à petit, par accumulation de détails, plutôt que par une confession en bonne et due forme au chapitre vingt-cinq.
Réserves et verdict
Le milieu du roman patine un peu. Il y a une série de rendez-vous manqués et de reculades qui donnent l’impression que l’autrice fait durer avant de passer à la vraie confrontation. Vingt pages de moins auraient donné plus de force à la suite. C’est ma réserve principale, et elle n’est pas énorme.
L’aspect réseaux sociaux du métier de Lainey aurait aussi mérité davantage. Il est là, il explique certaines contraintes, mais Emma Chase ne s’en sert pas autant qu’elle aurait pu. Il y avait matière à traiter la question de l’exposition d’un enfant en ligne, sujet que le roman effleure avant de passer à autre chose. Peut-être n’était-ce pas le livre pour ça.
Reste que la dernière partie est très réussie. La scène où tout se sait dans le lycée est menée avec un vrai sens du rythme, et l’explication finale entre les deux ne triche pas. On sent que quelque chose a été négocié, pas seulement pardonné. Dans une romance, cette nuance vaut de l’or.
Je referme donc ce deuxième tome plus convaincue que le premier, avec l’envie de savoir si la série continue et sur qui. La bande de profs de Lakeside a suffisamment de membres pour tenir encore un moment, et je signerais volontiers pour deux volumes de plus.