« International Guy » : San Francisco, Montréal, Londres et Berlin, la série ne faiblit pas
New romance·4 min de lecture
Je vous avais parlé du premier trimestre d’International Guy à la rentrée, et je vous avais promis un point d’étape. Le voici, avec un peu de retard, ce qui ne surprendra personne. La série d’Audrey Carlan publiée chez Hugo Roman continue son tour du monde, et cette deuxième fournée emmène Parker Ellis de San Francisco à Berlin, en passant par Montréal et Londres.
Le principe n’a pas bougé : un tome, une ville, une cliente. Cette fois, Parker et ses associés viennent en aide à Rochelle, femme d’affaires en quête du mari idéal, à Alexis, dirigeante qui soupçonne une taupe au sein de son entreprise de cybertechnologie, à Geneva, autrice en panne d’inspiration, et à Monika, patronne qui cherche le bon angle pour lancer une nouvelle voiture. Quatre situations, quatre décors, et une intrigue de fond qui avance en arrière-plan.
Des missions plus solides que dans les premiers tomes
Ma réserve principale sur les premiers volumes portait sur les clientes, traitées un peu vite et sorties d’affaire un peu facilement. Ce reproche tient moins ici. La mission autour de la taupe en entreprise apporte une vraie mécanique de suspense, et celle de l’autrice bloquée m’a beaucoup amusée, forcément. Voir une romancière en panne se faire coacher par un type dont le métier consiste à régler les vies des autres, il y avait de quoi faire, et Audrey Carlan s’en amuse sans se moquer.
Le tome canadien est celui qui m’a le moins convaincue. Le décor est joli, les personnages secondaires sympathiques, mais la mission se règle sans grande difficulté et j’ai eu l’impression de lire une transition. Ça arrive dans toute série longue. On ne peut pas demander douze sommets sur douze volumes.
Londres, en revanche, m’a réconciliée avec l’ensemble. Je ne sais pas si c’est le décor qui me parle particulièrement ou si l’autrice y était plus inspirée, mais le rythme est meilleur et les scènes de dialogue plus mordantes. Berlin ferme ce cycle sur une note plus froide, dans tous les sens du terme, et sert surtout à faire avancer ce qui se joue dans la vie personnelle de Parker.
Parker, enfin, devient intéressant
C’est le vrai bénéfice de cette deuxième série de tomes. Dans les premiers volumes, Parker était compétent, charmant et globalement lisse. Un homme qui répare les autres sans avoir de problème à lui, ce qui devient vite ennuyeux. Ici, ses propres histoires le rattrapent, ses associés commencent à lui dire des choses désagréables, et le personnage gagne enfin les aspérités qui lui manquaient.
J’aime aussi que la série assume son format feuilletonesque. Chaque tome se termine sur un accroc calculé pour vous faire ouvrir le suivant, et je marche à tous les coups. Il faut simplement accepter de lire un objet conçu comme une série télé, avec ses épisodes forts et ses épisodes de liaison. Si vous cherchez un roman refermé sur lui-même, ce n’est pas le bon rayon.
Faut-il continuer ?
Si vous avez aimé les trois premiers volumes, oui, sans réfléchir. La suite est meilleure. Si vous aviez décroché après le tome parisien, cette deuxième fournée ne vous fera pas changer d’avis, parce que la recette reste exactement la même. C’est une série qui sait ce qu’elle est et qui ne cherche pas à se transformer en cours de route.
Je continue de trouver le rythme de publication un peu rapide pour le portefeuille. Enchaîner autant de tomes en quelques mois représente un budget, et je préfère le dire plutôt que de faire comme si les livres étaient gratuits. À vous de voir si vous préférez attendre les éditions poche ou les intégrales. Aucun jugement de ma part, j’ai déjà fait les deux.
Pour ma part, j’irai jusqu’au bout. Il y a des lectures qu’on choisit pour être bousculée et d’autres qu’on choisit pour se détendre après une journée trop longue. International Guy appartient franchement à la seconde catégorie, et je n’ai aucune envie de m’en excuser. On verra ce que donne la suite du voyage.