« Behind the Bars », la pépite musicale signée Brittainy C. Cherry
Brittainy C. Cherry et moi, c’est une histoire de mouchoirs. Depuis « The Air He Breathes », je sais qu’ouvrir un de ses romans revient à signer pour une soirée d’émotions fortes. « Behind the Bars », sorti la semaine dernière chez Hugo Roman, ne fait pas exception. Je l’ai lu en deux soirs, avec une playlist jazz en fond sonore pour l’ambiance, et je ne regrette rien.
Direction La Nouvelle-Orléans. Jasmine y débarque à seize ans, traînée là par les contrats de son beau-père musicien. Elle y croise Elliott, et ce qui naît entre ces deux-là, autour de la musique, va traverser les années et les épreuves. Je n’en dis pas plus sur l’intrigue : ce roman se découvre, il ne se raconte pas.
La musique comme personnage principal
Ce qui distingue « Behind the Bars » des autres romans de l’autrice, c’est la place de la musique. Elle est partout : dans les rues de La Nouvelle-Orléans, dans les rêves cabossés des personnages, dans la construction même du récit. Cherry écrit la musique comme d’autres écrivent les paysages, et pour quelqu’un qui, comme moi, a passé son adolescence à massacrer des accords sur une guitare d’occasion, ça touche une corde très précise. Certaines pages m’ont donné envie de rallumer l’ampli qui prend la poussière dans mon salon.
Il faut aimer le mélodrame, je préviens. Cherry ne fait pas dans la demi-mesure : les blessures sont profondes, les destins s’acharnent, et il y a deux ou trois moments où j’ai levé les yeux au ciel en marmonnant « quand même, elle y va fort ». Quelques longueurs aussi dans le dernier tiers, où l’émotion tourne parfois en boucle. Mais c’est le prix à payer chez cette autrice, et je le paie chaque fois avec plaisir, parce que personne d’autre en new romance ne me fait ressentir les choses avec cette intensité.
Par où commencer avec Brittainy C. Cherry ?
Question qu’on me pose souvent en commentaire, alors mettons les choses au clair. « Behind the Bars » est un roman indépendant : pas besoin d’avoir lu quoi que ce soit d’autre pour l’attaquer. La saga qui a fait connaître Cherry chez nous, c’est « The Elements », quatre tomes bâtis chacun autour d’un élément, l’air, le feu, l’eau, la terre, et qui se lisent séparément puisque chaque tome suit un couple différent. « The Air He Breathes », le premier, reste son livre culte, celui par lequel tout a commencé pour ses lectrices françaises. Si vous voulez découvrir l’autrice, les deux portes d’entrée se valent : « The Air He Breathes » pour la version la plus déchirante, « Behind the Bars » pour la plus musicale.
Pour qui est ce livre, au juste ? Pour les lectrices qui lisent pour ressentir, pas pour se détendre. Il existe deux familles en romance : celles qui veulent des piques et des sourires en coin, et celles qui veulent avoir le cœur essoré à la fin. Ce roman appartient sans ambiguïté à la deuxième famille. D’autres autrices utilisent la musique comme un joli décor de fond ; chez Cherry, la musique est une langue à part entière, celle que parlent les personnages quand les mots ne suffisent plus, et c’est là que ce livre surclasse la plupart des romances musicales que j’ai pu lire. En revanche, si vous sortez déjà d’une lecture éprouvante, gardez-le pour plus tard : il demande d’avoir de la ressource.
Petit conseil d’ambiance, puisque j’ai testé pour vous : lisez-le avec du jazz de La Nouvelle-Orléans en fond sonore, vraiment. Je me suis monté une playlist spéciale au deuxième chapitre et elle tourne encore dans ma cuisine une semaine après. Quand un livre continue de s’écouter après la dernière page, c’est en général très bon signe.
Verdict : une pépite, oui, j’assume le mot du titre. Pas le roman le plus surprenant de la rentrée, mais sûrement l’un des plus habités. Si vous découvrez Brittainy C. Cherry avec celui-ci, préparez les mouchoirs et une bonne playlist. Et si vous la connaissez déjà, vous savez exactement dans quoi vous mettez les pieds : foncez, elle est en forme.