« Josh et Hazel », la bouffée d’air frais signée Christina Lauren
Je l’attendais, celui-là. « Josh et Hazel ou comment ne pas tomber amoureux » est sorti le mois dernier chez Hugo Roman, et je l’ai englouti dans le train qui m’emmenait en Bretagne. Quatre heures de trajet, un livre terminé, et une voisine de siège qui a dû me prendre pour une folle tellement je gloussais toute seule.
Christina Lauren, pour rappel, c’est le duo américain derrière la série « Beautiful Bastard ». Ici, elles changent complètement de registre et c’est une réussite totale. Josh et Hazel se sont connus à la fac, se recroisent des années plus tard, et décident d’une chose très raisonnable : puisqu’ils sont bien trop incompatibles pour sortir ensemble, ils vont s’organiser mutuellement des rencards. Des doubles rendez-vous, chacun amenant un candidat pour l’autre. Vous voyez le désastre arriver. Moi aussi. C’est tout le plaisir.
Pour la petite histoire, Christina Lauren n’existe pas, ou plutôt elles existent en double : derrière le pseudonyme se cachent Christina Hobbs et Lauren Billings, qui écrivent à quatre mains et sont traduites dans plus de vingt-cinq langues. Le roman est paru aux États-Unis en 2018 sous le titre « Josh and Hazel’s Guide to Not Dating », et c’est Margaux Guyon qui signe la traduction française. Je le précise parce qu’une comédie qui repose autant sur les dialogues peut très bien mourir entre deux langues ; celle-ci a survécu au voyage, peps compris.
Hazel, l’héroïne qu’on voudrait comme meilleure amie
La grande affaire de ce roman, c’est Hazel. Excentrique, imprévisible, incapable de filtrer ce qui lui passe par la tête, elle est le contraire absolu des héroïnes lisses qu’on croise trop souvent en romance. Elle assume tout : ses bizarreries, ses animaux, ses tenues improbables. Et Josh, posé et patient, est le contrepoint parfait. Leur alchimie ne repose pas sur des malentendus artificiels mais sur une amitié qui déborde doucement de son cadre, et ça change tout. On y croit du début à la fin.
Le cœur comique du roman, ce sont évidemment les doubles rendez-vous. Je ne vous décrirai aucun des candidats, ce serait criminel, mais sachez que chaque rencard rate d’une manière différente de la précédente, et que le plaisir vient autant du désastre lui-même que des regards que Josh et Hazel échangent pendant que tout s’écroule. C’est de la mécanique de comédie très maîtrisée : on voit l’engrenage, on sait où il mène, et on rit quand même.
Mon seul reproche, et il est classique chez ce duo : la toute fin arrive vite. Après avoir pris le temps d’installer cette relation avec autant de finesse, j’aurais aimé quelques chapitres de plus pour savourer. Il y a aussi un rebondissement final que certains lecteurs trouveront de trop ; moi, il m’a attendrie, mais je comprends qu’on tique.
Pour qui, et dans quelle valise
Glissez-le dans la valise des vacances si vous aimez les comédies où l’amour pousse sur l’amitié, les héroïnes qui débordent du cadre et les romans qui ne se prennent pas au sérieux une seconde. C’est aussi le livre idéal après une lecture éprouvante, le genre qui vous remet le moral à l’endroit en deux chapitres. En revanche, si vous cherchez du torturé, des secrets lourds et des passés douloureux, passez votre tour cette fois : ici, même les quiproquos sont de bonne humeur.
J’ai prêté mon exemplaire à ma copine Claire sur la plage le week-end dernier, en lui promettant qu’elle rirait avant la page trente. Elle a levé les yeux au ciel, elle déteste que j’aie raison. Verdict le soir même : elle a raté l’heure de l’apéro, ce qui, chez Claire, est la plus haute distinction littéraire existante.
Au rayon des comédies romantiques, on nous vend souvent du pétillant qui retombe au bout de trois chapitres. Ici, la promesse est tenue jusqu’au bout. C’est drôle, c’est tendre, c’est frais comme une citronnade en pleine canicule, et ça fait un bien fou. Si votre été a besoin d’un livre qui met de bonne humeur, ne cherchez plus : Josh et Hazel sont vos gens. Moi, je sais déjà que je relirai certaines scènes rien que pour rigoler à nouveau. Le coup des rencards catastrophiques, franchement, il fallait oser l’écrire.