Blonde Attitude, pas besoin d’être blonde pour aimer ce roman
Comédie romantique·4 min de lecture
Bonsoir tout le monde ! J’espère que votre week-end de Pentecôte s’est bien passé malgré une pluie qui n’a pas cessé de tomber. Je pense très fort au Sud de la France, qui a nettement moins ri que nous. Chez moi, on en est à la je-ne-sais-combien-ième diffusion familiale de « Mission Cléopâtre », et je me marre toujours autant aux mêmes répliques, ce qui inquiète ma mère au plus haut point. Puisque la soirée est calme, je vais vous parler du roman de chick-lit que je connais presque par cœur et que je relis régulièrement, exactement comme je relis « Les Hauts de Hurlevent » : « Blonde Attitude » de Plum Sykes.
Petite parenthèse capillaire avant d’attaquer. J’ai été blonde enfant, franchement blonde même, et avec les années je suis passée au châtain clair, ce truc qui tire par moments sur le blond vénitien selon la lumière et l’humeur de mon coiffeur. Une couleur un peu bizarre que j’ai mis longtemps à accepter et que j’aime bien maintenant. Si j’ai acheté ce livre, c’est justement parce qu’il parlait des blondes et que je me suis dit qu’un peu d’autodérision sur le sujet ne pouvait pas me faire de mal. Je ne croyais pas si bien dire.
New York, la mode et la chasse au fiancé
L’autrice, Plum Sykes, est une journaliste de mode britannique installée à New York, et ça se sent à chaque page. Son premier roman est paru en anglais en 2004 et il est arrivé chez nous peu après sous ce titre de « Blonde Attitude », puis en poche. On y suit une jeune journaliste de mode new-yorkaise et sa meilleure amie, héritière d’une famille immensément riche, dans un milieu où la question centrale de l’existence est de savoir qui va se fiancer en premier et avec quelle bague.
Dit comme ça, ça peut sembler affreusement futile, et honnêtement, ça l’est. Sauf que Plum Sykes sait exactement ce qu’elle fait. Elle connaît ce milieu de l’intérieur, elle en démonte tous les codes, et son livre est nettement plus méchant qu’il n’en a l’air sous ses couvertures roses. Les dialogues sont truffés de piques que la narratrice ne comprend pas toujours mais que la lectrice, elle, saisit parfaitement. C’est de la satire habillée en comédie légère, et je trouve que c’est un exercice difficile à réussir.
Pourquoi je le relis sans jamais m’en lasser
Ce que j’aime dans ce roman, c’est le ton. La narratrice a cette voix bavarde, ces incises entre parenthèses, cette manie de tout commenter en direct, qui donne l’impression qu’une copine vous raconte sa semaine au téléphone. C’est extrêmement agréable à lire, et c’est aussi ce qui rend le livre relisable : on y revient pour la compagnie plus que pour l’intrigue, que je connais évidemment par cœur.
J’aime aussi ce qu’il dit, sans avoir l’air d’y toucher, sur l’amitié entre filles. La relation entre la narratrice et sa meilleure amie n’est pas du tout un long fleuve tranquille, il y a de la jalousie, des trahisons, des réconciliations bancales. Et pour une fois, ce n’est pas l’histoire d’amour qui porte tout l’édifice. J’en ai marre des romans où l’héroïne n’a d’yeux que pour le garçon et où les copines servent de faire-valoir. Ici, ce n’est pas le cas, et ça compte beaucoup dans mon attachement.
Alors soyons claire, ce n’est pas de la grande littérature et Plum Sykes n’a jamais prétendu le contraire. Il y a des longueurs, quelques passages où l’accumulation de noms de marques finit par être fatigante même pour moi qui aime bien la mode. Et le milieu décrit est tellement fermé qu’on peut légitimement se demander pourquoi on s’intéresse au sort de gens qui n’ont aucun problème matériel. La réponse tient en un mot : parce qu’on rit.
C’est mon livre-doudou. Celui que je ressors les jours de pluie, après une mauvaise nouvelle, ou quand je n’arrive pas à démarrer une lecture exigeante. Mon exemplaire a la tranche cassée et des pages cornées, ce qui en dit long. Je l’ai prêté trois fois et récupéré deux fois, ce qui est un excellent ratio à l’échelle de ma bibliothèque. Si vous n’avez jamais lu de chick-lit et que vous voulez commencer par quelque chose de drôle et de plus mordant que la moyenne, c’est une porte d’entrée que je recommande sans réserve.
Et vous, vous l’avez lu ? Vous avez un livre-doudou du même genre, celui que vous ouvrez à n’importe quelle page les soirs de déprime ? Dites-le-moi, je suis toujours à la recherche de nouvelles adresses pour les jours gris. Ils sont nombreux dans mon marais.