« Dating you Hating you », Christina Lauren met Hollywood en guerre
Comédie romantique·4 min de lecture
Bonjour tout le monde ! Le nouveau roman de Christina Lauren est sorti chez nous le 1er juin, et il paraît aujourd’hui aux États-Unis, ce qui nous fait pour une fois une longueur d’avance assez plaisante. « Dating you Hating you ». Autant le dire tout de suite, ce duo d’autrices occupe une place particulière chez moi : le premier tome de la série des « Beautiful » a été le premier roman Hugo que je me suis acheté, et je les suis depuis sans en rater beaucoup.
Le pitch
Carter et Evie se rencontrent lors d’une soirée d’Halloween un peu embarrassante, chez des amis communs. Le courant passe immédiatement. Le problème, c’est que ces deux trentenaires sont agents à Hollywood, dans des agences concurrentes. Et que lesdites agences fusionnent. Les voilà en compétition pour le même poste, et la belle histoire vire au sabotage organisé.
Le roman abandonne donc l’université et les débuts dans la vie pour s’installer en open space, avec des adultes qui ont des carrières et des factures. C’était le moment, et ça leur va bien.
La guerre des blagues
La partie sabotage est un vrai bonheur. Les coups fourrés que ces deux-là s’infligent sont mesquins, puérils et parfaitement réjouissants. On sent que les autrices se sont amusées comme des folles à les inventer. Il y a un enchaînement, vers le milieu du livre, où la vengeance est tellement disproportionnée que j’ai dû poser le bouquin pour reprendre mon souffle.
Et sous la comédie, le roman dit quelque chose de plus sérieux. Evie et Carter ne sont pas jugés pareil dans leur milieu. Quand elle défend agressivement un dossier, on la trouve difficile. Quand il fait la même chose, on le trouve brillant. Le livre le montre sans discours, en accumulant les petites scènes de réunion où l’on comprend en trois répliques comment le terrain penche. C’est ce que j’ai préféré, et ça donne à la rivalité un enjeu qui dépasse largement la promotion.
Les dialogues, comme toujours chez ces autrices, sont d’une vivacité redoutable. Le duo n’écrit pas des conversations, il écrit des duels. On sait qui parle sans lire le nom, ce qui n’est pas si fréquent dans les romans à deux voix.
Ce qui m’a moins convaincue
La résolution professionnelle m’a paru trop douce. Le roman construit un système qui pénalise clairement Evie, puis le règle avec une facilité qui ne correspond pas à la dureté du milieu décrit pendant trois cents pages. J’aurais aimé un dénouement qui accepte que le monde du travail reste injuste même quand l’histoire d’amour se termine bien.
Deuxième chose, plus personnelle : Hollywood en toile de fond, c’est joli mais lointain. Les clients capricieux, les déjeuners hors de prix, les cabinets de direction, tout cela reste du décor. Le roman aurait tenu exactement pareil dans une boîte d’assurances de province, et je crois même qu’il aurait été plus mordant.
Enfin, je vais faire ma difficile : quelques scènes du dernier tiers étirent le malentendu au-delà du raisonnable. Ces deux-là sont trop intelligents pour rester bloqués aussi longtemps sur un quiproquo. Ça sent le passage obligé.
Alors ?
Alors c’est un très bon cru. Peut-être pas le roman le plus émouvant du duo, mais sans doute le plus drôle depuis un moment, et celui qui a le plus de choses à raconter sur le monde tel qu’il est. On rit beaucoup, on s’énerve un peu, on referme le livre de bonne humeur.
Je le conseille à toutes celles qui aiment les histoires de rivalité au travail et les héroïnes qui ne s’excusent pas d’être ambitieuses. Et si vous n’avez jamais lu Christina Lauren, ce titre fonctionne très bien en porte d’entrée, puisqu’il ne demande de connaître aucune série. Bonne lecture, et méfiez-vous des soirées déguisées.