« Unexpected Christmas », la new romance de Noël !
On est le 14 novembre, mon sapin n’est pas encore monté, mais ma saison des romances de Noël est officiellement ouverte. Et cette année, elle commence fort avec « Unexpected Christmas » de Phoenix B. Asher, qui sort aujourd’hui même chez Hugo. Une romance de Noël version new romance : il était temps que quelqu’un s’y colle.
Le pitch coche toutes les cases de ma liste au Père Noël : Emerson quitte sa Californie natale à l’approche des fêtes, direction le Montana, sur les traces de ses origines. Sur place, un ranch, de la neige à perte de vue, et un cow-boy aussi charmant que peu bavard qui semble en savoir plus sur son passé qu’il ne veut bien le dire. La citadine en talons face aux bottes en cuir et aux flocons : le choc des cultures est assumé du début à la fin, et c’est exactement ce qu’on est venu chercher.
Un chocolat chaud en quatre cents pages
Est-ce que c’est prévisible ? Oui, complètement. On devine l’essentiel de l’histoire dès le premier tiers, et franchement, on s’en fiche. Une romance de Noël, c’est comme un vin chaud au marché de Noël : personne ne demande de la surprise, on demande du réconfort. Et sur ce terrain, Phoenix B. Asher, révélée par un concours Fyctia, livre exactement ce qu’il faut. L’écriture est fluide, les scènes au ranch sentent le feu de bois, et la quête d’identité d’Emerson donne au roman un fond plus touchant que la moyenne du genre.
J’ai lu ce livre en deux soirées sous mon plaid, une tasse fumante à portée de main, et je confirme que c’est le mode de consommation idéal. Mention spéciale au héros, dont le mutisme aurait pu m’agacer et qui finit par être la meilleure trouvaille du roman : chaque phrase qu’il lâche compte double.
Née d’un concours de lectrices
L’histoire de ce livre mérite d’ailleurs d’être racontée. En début d’année, Fyctia, la plateforme d’écriture de Hugo, a lancé un défi à sa communauté : écrire la romance de Noël parfaite. Résultat, 225 participants et plus de 150 000 votes de lectrices, avec « Unexpected Christmas » en gagnant. Autrement dit, ce roman a été testé chapitre après chapitre par le public le plus impitoyable qui soit, celles qui lisent des romances toute l’année et qui zappent au premier temps mort. Ça explique sans doute cette efficacité que j’ai sentie à chaque scène : les passages qui ennuyaient ont été éliminés en cours de route, sélection naturelle version guimauve.
Quant à l’autrice, elle est jurassienne, et elle a vécu au Canada et aux États-Unis avant de revenir en France. Voilà qui explique pourquoi son Montana ne sent pas le carton-pâte : la neige qui décide de tout, les distances, le froid qui organise les journées, tout ça sonne vécu plutôt que documenté depuis un moteur de recherche. C’est un détail, mais dans un genre où le décor fait la moitié du travail, ça change beaucoup de choses.
Il faut dire aussi que la romance de Noël était jusqu’ici une affaire presque exclusivement anglo-saxonne : des traductions empilées sur les tables dès la Toussaint, et des téléfilms au kilomètre les après-midi d’hiver. Une new romance de Noël écrite en français, choisie par des lectrices françaises, c’est une petite première, et j’espère qu’elle donnera des idées aux éditeurs. À qui la conseiller ? À celles qui assument le plaisir régressif du genre, évidemment, mais aussi à votre sœur ou votre copine qui ne lit que pendant les vacances : c’est un livre d’initiation parfait, sans temps mort et sans prérequis. La mienne, de sœur, me l’a déjà réservé pour ses congés de décembre. Je lui ai fait promettre de me le rendre avant le réveillon, je le connais, ce genre de prêt qui devient un don.
Petit bémol tout de même : certains personnages secondaires auraient mérité mieux que la figuration, et l’ultime quart précipite un peu les choses, comme si l’autrice avait peur de rater le réveillon. Rien de rédhibitoire. Si vous cherchez la lecture qui lance les fêtes, celle qu’on ouvre pendant que le four embaume les sablés, c’est celle-ci. Moi, je retourne au Montana : j’ai bien envie de le relire en décembre, au pied du sapin cette fois. C’est ça, le pouvoir des romances de Noël réussies.