« Meilleurs vœux et va au diable ! » : ma première romance de Noël de la saison
Comédie romantique·4 min de lecture
Il fait nuit à dix-sept heures, j’ai ressorti le plaid, et cela signifie qu’une chose : la saison des romances de Noël est officiellement ouverte chez moi. Je l’attends toute l’année comme d’autres attendent les soldes. Meilleurs vœux et va au diable ! d’Émilie Parizot est paru la semaine dernière chez La Condamine, dans le sillage de la plateforme Fyctia où le texte a été finaliste d’un concours de new romance. C’est un premier roman, il fait moins de deux cents pages, et je l’ai lu en une soirée avec une tasse de thé qui a refroidi parce que je ne la reposais que pour tourner les pages.
Chez Marcelle, et la boutique d’en face
Coline file le parfait amour avec sa boutique. Chez Marcelle, c’est le petit magasin de décoration qu’elle a créé il y a quatre ans à Bordeaux et qui marche bien. Chaque bougie, chaque miroir y est choisi avec attention, et cette boutique occupe absolument tout son temps. Les hommes, du coup, ne sont pas franchement en haut de la liste. Elle n’a connu que quelques histoires trop brèves pour son âme romantique. Jusqu’au jour où un client particulièrement à son goût lui fait les yeux doux, et où la suite lui apprend qu’il n’est pas venu uniquement pour acheter un photophore.
Le point de départ est un classique du genre, la rivalité commerciale doublée d’une attirance, et je ne vais pas prétendre qu’il y a la moindre surprise sur la destination. On sait où ça va dès la trentième page. Ce qui compte, dans ce type de roman, c’est la qualité du trajet, et là-dessus Émilie Parizot s’en tire vraiment bien. Les scènes de guerre des vitrines entre les deux boutiques sont un régal, avec une escalade dans le mauvais esprit qui m’a fait rire à voix haute.
Ce qui rend cette lecture attachante
Coline est une héroïne que j’ai aimée immédiatement, et pas parce qu’elle est parfaite. Elle est têtue, mauvaise perdante, incapable de déléguer, et elle prend des décisions commerciales discutables en pleine crise de nerfs. Le roman ne la corrige pas gentiment pour en faire une jeune femme raisonnable à la fin. Il lui apprend surtout à ne pas confondre sa boutique et sa vie, ce qui est un sujet plus adulte que ce que la couverture laisse deviner.
Le décor y est pour beaucoup. Bordeaux en décembre, les rues du centre décorées, l’odeur de la cannelle et des sapins, les clients de dernière minute qui débarquent le 23 au soir en panique : tout ça est raconté par quelqu’un qui connaît le commerce de détail de l’intérieur. On sent les stocks, les commandes qui n’arrivent pas, les journées de quatorze heures pendant que les autres font leurs courses de Noël tranquillement. Ce petit ancrage documentaire donne au roman une consistance que beaucoup de romances de saison n’ont pas.
Les défauts du premier roman
Il y en a, forcément. La narration reste collée à Coline du début à la fin, ce qui est un choix, mais on aimerait par moments savoir ce que l’autre a dans la tête, surtout dans le dernier tiers où son comportement mériterait une explication. Le format court joue aussi contre le livre : la réconciliation arrive vite, presque en accéléré, alors que la brouille avait été construite avec soin. Vingt pages de plus auraient tout changé. Enfin, deux ou trois seconds rôles sont un peu de carton, notamment l’amie qui existe surtout pour poser les bonnes questions au bon moment.
Cela dit, on ne va pas faire la fine bouche. Une romance de Noël, ça doit tenir chaud, faire sourire et se lire en une soirée. Celle-ci coche les cases avec une vraie personnalité, une héroïne qui ne se laisse pas faire et un humour qui grince juste ce qu’il faut. Je l’ai refermée en ayant envie de repeindre mon salon en vert sapin et de m’acheter une robe pull ridicule, ce qui est probablement le meilleur indicateur de réussite pour ce genre de livre.
C’est un premier roman, avec les maladresses qui vont avec, et je serai très curieuse de voir ce qu’Émilie Parizot écrira une fois qu’elle aura pris confiance. En attendant, si vous cherchez de quoi occuper une soirée de décembre sans vous prendre la tête, elle fait parfaitement l’affaire.