« The Fire between High & Lo », l’amour plus fort que tout
New romance·4 min de lecture
Bonjour tout le monde ! Après le coup de massue qu’avait été The Air He Breathes, il était hors de question que je rate le suivant. The Fire between High & Lo de Brittainy C. Cherry, deuxième volume de la saga Elements, sort aujourd’hui chez Hugo Roman et je l’ai terminé cette nuit, ce qui explique l’état de mon visage ce matin.
Petite précision utile : on peut lire ce roman sans avoir lu le précédent. L’histoire est autonome, on suit d’autres personnages, et seules quelques passerelles feront sourire celles qui connaissent déjà l’univers. Cela dit, si vous avez le choix, commencez par le premier, parce qu’il est très bon et que l’ordre a du sens.
Logan et Alyssa, ou deux enfances abîmées
Ils se rencontrent à une caisse de supermarché, ce qui est déjà une manière de dire que le romanesque n’a rien à voir là-dedans. Alyssa parle beaucoup, danse, sourit tout le temps. Logan est silencieux, immobile, et a un mal fou à sourire. Les surnoms qu’ils se donnent, High et Lo, résument le rapport entre eux mieux que n’importe quel résumé.
Ce qui les rapproche vraiment, ce n’est pas leur différence, c’est ce qu’ils ont en commun sans le dire : des parents catastrophiques, chacun dans son genre. Logan grandit avec une mère toxicomane et un père dealer qui ne repasse que pour cogner. Alyssa attend le retour d’un père qu’elle adore en encaissant les remarques d’une mère qui la rabaisse. Elle vient d’un milieu nettement plus confortable, ce qui ne l’aide en rien.
Brittainy C. Cherry écrit très bien cette amitié d’enfance qui s’étire sur des années. On les voit petits, on les voit adolescents, on les voit se perdre. Le roman prend le temps de montrer une relation qui existe bien avant d’être une histoire d’amour, et c’est probablement ce qui le rend aussi douloureux ensuite. On ne regarde pas deux inconnus tomber amoureux, on regarde deux personnes qui se connaissent depuis toujours se faire du mal.
Ce n’est pas une lecture douce
Il faut le dire clairement. Ce livre parle d’addiction, de violence familiale, de maladie, et il n’en parle pas de loin. Certaines scènes sont dures, pas gratuitement mais franchement. L’autrice ne cherche pas à esthétiser la déchéance de Logan et elle ne lui trouve pas d’excuse commode. Il fait des choix mauvais, il en fait plusieurs, il les fait en sachant ce qu’il fait, et le roman le regarde tomber sans détourner les yeux.
La question qui traverse tout le livre est celle de l’héritage. Est-ce qu’on peut échapper à ce qu’on nous a transmis ? Logan est persuadé que non, qu’il finira comme son père, que c’est écrit quelque part. Alyssa refuse cette idée avec une obstination qui frôle l’aveuglement. Le roman ne tranche pas franchement et j’ai apprécié qu’il n’essaie pas.
La plume, comme dans le premier tome, est très reconnaissable. Des phrases courtes, beaucoup de répétitions volontaires, un lyrisme assumé qui peut agacer si on n’y adhère pas. Personnellement j’y adhère complètement, mais je comprends qu’on trouve ça trop appuyé. Il y a des passages qui frôlent le poème et qui auraient gagné à être coupés de moitié.
Mes réserves
Le dernier quart m’a semblé enchaîner un peu trop de coups durs. À force d’ajouter des épreuves, on finit par créer une distance : je regardais le mécanisme au lieu de vivre la scène. Un malheur de moins aurait probablement rendu les autres plus efficaces. C’est un défaut que je reprochais déjà au premier volume, l’autrice ne s’en est pas débarrassée.
Les personnages secondaires, en dehors des parents, restent aussi assez esquissés. On aurait aimé que l’entourage d’Alyssa existe davantage, ne serait-ce que pour offrir un contrepoint à ce qu’elle vit. Le roman est très centré sur son duo, ce qui est cohérent avec son propos mais l’appauvrit par moments.
Verdict : je l’ai fini les yeux dans un état déplorable, donc oui, il a fait son travail. Ce n’est pas le roman à prendre pour se détendre un dimanche après-midi, et si les sujets évoqués plus haut vous touchent de près, prenez le temps d’y réfléchir avant. Pour tous les autres, c’est une lecture qui reste, et qui confirme que Brittainy C. Cherry est une autrice à suivre de très près.