Une pile de romans aux tranches colorées sur un rebord de fenêtre — illustration de « Sept ans de désir, le roman présenté comme l'ancêtre de Crossfire »

Sept ans de désir, le roman présenté comme l’ancêtre de Crossfire

New romance·5 min de lecture

Bonsoir tout le monde ! Après plus d’un mois d’absence, et vous savez que j’ai une excuse en béton, je commence par vous souhaiter une très belle année 2014. J’ai encore le droit, nous ne sommes pas à la fin du mois. Qu’elle vous apporte des livres, du temps pour les lire, et un peu de soleil au passage.

Les examens de mes élèves sont presque terminés, alors je profite d’une soirée libre pour vous parler du premier roman lu à mon retour en France pour Noël. Un roman gagné grâce au concours du webzine Songe d’une nuit d’été, que je remercie encore chaleureusement.

Il s’agit de Sept ans de désir de Sylvia Day, paru chez J’ai lu en novembre dernier, un peu moins de quatre cents pages en semi-poche. Le titre original est Seven Years to Sin.

Mettons tout de suite les choses au clair

On m’a présenté ce livre comme le préquel de la série Crossfire. J’ai commencé ma lecture avec cette idée en tête, et je préfère vous prévenir tout de suite pour que vous ne fassiez pas la même erreur : ce n’en est pas un.

Vous ne retrouverez pas Gideon, vous ne retrouverez pas Eva, et vous ne serez pas à New York. Sept ans de désir est une romance historique, qui se passe dans l’Angleterre du dix-neuvième siècle, avec des bals, des convenances, des réputations à préserver et des corsets à défaire. Ce qui relie les deux, c’est l’auteur elle-même, qui a expliqué que ce roman-là l’avait menée vers Dévoile-moi. C’est un lien d’inspiration, pas un lien d’intrigue. La différence est de taille, et l’argument commercial m’a un peu agacée.

Une fois ce malentendu évacué, je peux vous dire que j’ai passé un très bon moment, ce qui n’était pas gagné : la romance historique et moi, nous entretenons des rapports irréguliers. Je me lasse vite des scènes de bal et je perds patience devant les héroïnes qui s’évanouissent à la moindre contrariété.

Sept ans, un regard, et une traversée

Le point de départ est simple et redoutablement efficace. Un soir, dans un parc, Jessica Sheffield surprend Alistair Caulfield en pleine intimité avec lady Trent. Cachée dans la pénombre, elle observe la scène partagée entre la gêne et une fascination qu’elle ne s’explique pas. Alistair l’aperçoit. Ils échangent un long regard, et c’est tout. Elle se marie comme prévu, il part de son côté. Sept années s’écouleront avant qu’ils se retrouvent, sur un bateau, cette fois libres l’un et l’autre.

Ce que j’aime dans cette construction, c’est le poids du temps. Sept ans, ce n’est pas un malentendu de trois chapitres résolu par une explication de couloir. Sept ans, ça transforme des gens. Jessica n’est plus la jeune fille du parc, elle a vécu un mariage dont elle porte les traces, et elle est veuve. Alistair n’est plus le fils mal-aimé qu’on regardait de haut, il a bâti quelque chose de ses propres mains, loin de l’Angleterre. Les deux se retrouvent avec des cicatrices, et c’est de ces cicatrices que naît la tension.

Le huis clos du bateau est une trouvaille. Il n’y a nulle part où fuir, personne pour arbitrer, et les convenances tiennent moins bien en pleine mer que dans un salon londonien. Sylvia Day sait faire durer l’attente, elle sait aussi ne pas la faire durer trop longtemps, et sur ce point je lui tire mon chapeau.

Sur le versant sensuel, prévenons les lectrices qui découvriraient l’auteur par ce titre : ça monte assez haut. Ce n’est pas de la romance de salon. Les scènes sont écrites sans pudeur excessive et sans vulgarité non plus, ce qui est un équilibre plus difficile à tenir qu’il n’y paraît. Si vous offrez ce livre à votre tante pour son anniversaire, choisissez bien votre tante.

Ce qui m’a moins convaincue

Je ne vais pas vous faire croire que tout m’a emballée. Le milieu du roman s’étire, avec des intrigues secondaires dont je me serais volontiers passée et qui cassent le rythme du huis clos. J’ai eu la sensation qu’on m’éloignait de ce que je voulais lire pour meubler.

Le passé traumatique des personnages, aussi, m’a paru appuyé. Une fois qu’on a compris d’où viennent leurs blessures, on nous les rappelle encore et encore, comme si le lecteur risquait d’oublier entre deux chapitres. J’aurais aimé qu’on me fasse davantage confiance.

Cela dit, j’ai tourné les pages vite, très vite, et j’ai passé deux soirées à repousser l’heure du coucher en me disant « encore un chapitre ». C’est le critère le plus honnête que je connaisse. Si vous avez aimé Crossfire pour l’intensité et la tension entre les personnages plus que pour le décor new-yorkais, vous devriez y trouver votre compte. Si vous détestez la romance historique par principe, ce titre ne vous fera pas changer d’avis.

Vous l’avez lu ? Vous êtes plutôt Sylvia Day contemporaine ou Sylvia Day en robe à traîne ? Dites-moi tout en commentaire, j’ai besoin de savoir si je suis la seule à avoir été piégée par l’étiquette « préquel ».

À très vite pour d’autres chroniques, et cette fois j’espère bien ne pas mettre un mois à revenir.

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