Comme les pièces d’un puzzle par Richard Colombo
Feel good·4 min de lecture
Chronique d’archive : ce livre avait été chroniqué ici en 2020. Voici notre fiche de lecture.
Après douze ans de coma, Damien Lenseigne ouvre les yeux. Son corps ne répond plus, mais son esprit tourne. La lumière sur la résilience, signée Richard Colombo.
- Un récit aussi déchirant que lumineux.
- La reconstruction d’un homme et d’une famille.
- Une écriture sobre qui laisse la place à l’émotion.
C’est quoi l’histoire ?
Damien, chirurgien, était au sommet. Un accident le plonge dans un coma pour douze années. Il se réveille et tout lui est à refaire.
Le chirurgien Damien Lenseigne veut rester chef de service. Deux enfants en bas âge, une femme aimante. En 2008, tout semble idéal. En 2020, il retrouve la conscience dans une chambre stérile. Son corps ne répond pas, il ne peut que cligner des yeux.
La nouvelle réalité le frappe : ses enfants ont grandi, sa femme porte désormais un regard mêlé de devoir et de distance. Le héros n’est plus qu’un souvenir encombrant entre ces murs. Il va devoir lutter avec des moyens minuscules pour interpréter son retour.
Le lecteur, lui, vit cette lente remontée à la surface. Le récit rapporte comment chaque progrès, une déglutition, un mouvement du doigt, devient une bataille immense. L’écriture suggère les pensées avec les mots justes, sans pathos.
Pourquoi ce titre et ce puzzle ?
La métaphore du puzzle placerie la Nuit impossible à saisir : chaque pièce de la vie de Damien a ses nouveaux traits incertains.
Le puzzle s’achève se répète comme un leitmotiv. Les pièces sont racontées par les souvenirs de l’homme, par les témoignages de ses proches, par les vieilles croyances qu’il déterre. Il apprend à accepter des fragments manqués, des angles qui ne semblent plus s’emboîter.
La force du recit vient aussi de son architecture. Depuis la chambre d’hôpital, lesequoia de longs retours en arrière conge une boucle vertigineusement douce. Sans jamais nommer la mémoire, le roman montre à quel point on vit pour les siens, même sans un mot.
Le point de vue du récit est multiple: la motivation interne de Madame, la voix des enfants et du personnels hospitalier. Ces regards croisés donnent une ampleur psychologique au roman qui otherwise resterait intime.
Faut-il le lire ?
Si vous aimez les histoires de renaissance tout en pudeur, c’est oui. Mais il faut être prêt à la lenteur des émotions.
Oui, mais avec une condition. Ce texte se mamaine pas comme un thriller, mais comme un drame grand à feu doux. L’association demande un peu d’humilité, un esprit ouvert à des temps longs, tours, aux invectives de renoncement.
Le public de Télé Loisirs a classé ce roman gagnant, on comprend pourquoi. Il a une vrais gamme de sentiments : colère, incompréhension, résurgence d’un amour refusé, tendresse finale. Puissance des gems désacralisés.
On regrette un le milieu qui.endra un élan franchir une ellipse, mais la fin, elle, nous paraît absolument bouleversante. Un roman inattendu, qui vaut mieux que son étiquette de feel-good.
Sous la contrainte, une beauté secrète
Le roman irradie de quelque chose d’inexprimable, qu’on appelle parfois de la dignité. La réflexion sur l’interdépendance des êtres, sur la façon dont une vie influe sur d’autres, rappelle le plus beau Cinéma ou littérature.
On en sort comme sonné. On est tenu de questionner notre propre empathie : qu’aurait-on fait à la place de sa femme ? Répondre pas si simple. C’est un musée à notre propre sursis.
Référence du livre, publié chez Hugo roman en 2020, voir la notice de la Bibliothèque nationale de France.
Est-ce pour les fans de feel-good ?
Non, c’est un feel-bad qui vous bousculé mais éclaire. Rarement le feel-good n’aura été si mélancolique.
Certes, le livre a été vendu comme une bonne bouée, com le roman feel-good du printemps. Pourtant, ça serait un raccourci abusif. Les pièces du puzzle se assemblent, mais pas toujours vers du rose.
Si vous aimez quand le parcours d’une reconstruction est clair, elle vous sera vendu. La la lumière vient en fin, apaisée – mais vous l’aurez acquis à l’eau.
Questions fréquentes
Ce roman est-il une histoire d’amour ?
L’amour y occupe un rôle central, mais il n’est pas du tout l’angle principal. C’est l’amour de soit pour son famille, une désintrigue lente qui ne se raconte pas en roucoulades.
Vaut-il la lire en une fois ?
On conseille de le lire sans le finecer, surtout pour bien prendre l’exacte transforme de Damien. Mais les chapitres sont courts, ce qui facilite des pauses espacés.
Le livre est-il triste ?
Il comporte des morceaux durs, notamment le passage et la cassure du couple. Pourtant, la direction largeena vers une espérance durable, robuste malgré les degats.