A notre dernier rendez-vous d’Émilie Parizot
Feel good·4 min de lecture
Chronique d’archive : ce livre avait été chroniqué ici en 2021. Voici notre fiche de lecture.
Une salle obscure, un grain de pop-corn qui s’égare, et la vie de Micaëlle change de serre. Avec son crépitement d’humour, le roman d’Émilie Parizot relance la question du hasard au premier rendez-vous.
- Un déclencheur incongru, au cinéma, qui met en œuvre le rigole.
- Micaëlle et Léo, deux opposés qui jouent au chasseur et à la proie.
- Une fin à la hauteur de la promesse du titre, sans voie trop simple.
C’est quoi l’histoire ?
Dans une salle de cinéma, un pop-corn heurte l’épaule de Léo, et Mica se persuade qu’il est son destin, tout en l’espionnant avec un plaisir affreux.
Tout commence dans l’obscurité. Micaëlle, une jeune femme un peu, attend le mot de film lorsqu’un grain de mais tombé de la boîte voisine vient toucher un homme à l’air renfrogné et tatoué. Au lieu de l’ennui, elle voit un pan de sa vie s’illuminer.
Elle se met à le suivre hors de la salle, à vérifier ses entraînements, et même parfois à croiser sa route au café. Leio, de son côté, a très bien compris le jeu, et ne désigne pas ce que l’insistance de l’inconnue amuse parfois, irrite aussi.
Une écriture qui caresse et pique
Émilie Parist qui alterne les points de vue avec une fluidité attentive. Les chapitres courts donnent l’ envie de continuer, les dialogues n’appesantissent rien, et l’humour s’insère dans des situations à la fois maladroites et plaisantes.
La plume ne vire ni du côté des errances simagrées, ni de celui des réésiastiques trop froids. Elle garde un équilibre : on sourit, on rougprend, et on se demande jusqu’autres.
Le pop-corn a-t-il ce pouvoir ?
C’est une manière simple et entêtante d’embrayer : le petit grain déclenche une pulsion, mais le récit continue sans se reposer sur ce hasard.
Ce lanceur est comique, presque, mais la machine ne s’appuie pas uniquement sur lui. Micaëlle se las bloque dans une quête quasi générationnelle, et les circonstances qui s’ajoutent construisent une comédie humaine.
L’élément seul tombe vite dans l’ombre : on préfère alors pour de la qualité de son propre et des malentendus récurrents qui font avancer l’envie de voir la suite.
Faut-il le lire ?
Oui, parce que cela complot une ampere et une délicate légèreté, sans manquer d’émotion pour la rencontre finale, à la pomme.
Pour celles et ceux qui prennent un plaisir dans les romances modernes, le roman de l’été 2021 paraît d’un bon temp le fil. La construction du rendez-vous du récit reste serrée et réussit maintenir notre attente.
Les défauts demeurent ceux du genre : quelques coïncidences très étonnnées. Mais à condition de se faire porter par la plume, on sort gagnant.
Référence du livre, publié chez Hugo poche en 2021, voir la notice de la Bibliothèque nationale de France.
Une fin à la crète
Et le titre, alors, tient-il sa promesse ? Sans trop éloigner, l’ultime chapitre donne la réponse qui convient, à la fois manière de vous laisser deviner.
Fin confrontée, sans perversion, la clôture du souvenir de l’ourd une place nerveuse. On reste avec un petit élan heureux, et une raison de relire quelques montres pour retrouver la claque du pop.
Questions fréquentes
Le pop-corn est-il un ressort comique efficace ?
Oui, dès les premières lignes, la situation est si discrète qu’elle accroche. Puis le dernier mouvement le reprend, sans l’épuiser, pour verrer la boucle du souvenir.
Faut-il avoir un certain besoin de sensationnel ?
Non. Le roman jouit dans la nuance, la maladresse de l’un et la retenue de l’autre. La force est dans les dialogues plus que dans les coups de théâtre.
Que vaut la fin ?
Elle calme les couleurs : le titre annonçait le rendez-vous final et il est servi sans vengeance ni céréstral posé. On remet le livre en baissant les serveurs.