La malédiction de Venise de Megan Chance
Feel good·5 min de lecture
Chronique d’archive : ce livre avait été chroniqué ici en 2023. Voici notre fiche de lecture.
Après avoir ruiné sa famille, Elena est exilée à Venise pour garder Samuel, un malade halluciné, dans un palais en ruine. Sa rencontre avec le propriétaire des lieux, Nero, la plonge dans un triangle amoureux sous tension, où le passé menace de ressurgir à chaque tournant.
- Une héroïne qui doit se sauver en même temps qu’elle sauve les autres.
- Le décor vénice tient le rôle principal : crasse, canaux, ombres.
- Un récit qui penche du côté du thriller, mais ne s’éloigne jamais tout à fait du désir.
C’est quoi l’histoire ?
Une jeune fille jetée en exil, un palais délabré, un malade qui délire et un propriétaire qui trouble les esprits, la ligne entre vérité etillusion s’amincit.
Elena Spira, fille d’une famille ruinée à cause d’un faux pas, accepte une mission : s’occuper de Samuel Farber, un malade riche mais instable, dans un palais de Venise. L’overture de sa peine se transforme vite en piège, car l’intérieur de Ca’Basilio est humide et malsain, et les allusions surgissent entre les murs, entre les échos des meubles et les toiles sombres.
Nero, l’ancien ami de Samuel, débarque dans ce contexte, mais reste des dehors aussi ambigu que le lieu. Elena doit discerner si Samuel est réellement fou, si Nero la manipule pour s’emparer du patrimoine, tandis que la ville semble complice avec sa mélancolie. Chaque choix est à hauteur du péril : preuve de faute, culpabilité et amour se mêlent un sandwich compliqué.
Le palais de Venise se révèle
La Sérénissime est rendue dans une beauté grise, presque menaçante : l’eau qui colore, le chauffage, des itinéraires du passé. La ca’Basilio, avec ses infiltrations de la lagune et ses salles changées en laboratoire des émotions, devient un personnage à part entière. Elle n’est jamais décrite pour les touristes, mais pour saisir ce que vivent Elena et les autres habitants.
La temporalité est plus grande que prévu : passés et présents se répondent en boucle, les éventements reviennent comme les remous d’un canal. Ce rapport du temps est bien utilisé pour construire les souffrances des héroïnes, mais il soumet aussi une mélancolie qui n’est pas sans rappeler les génies anglais du fantastique, malgré le décor italien.
Faut-il lire ce roman ?
Oui, si vous appréciez les romances chargées de mystère et des héroïnes qui tentent de se reconstruire, avec un décor qui ne laisse pas neutre.
Le livre embarque un suspense efficace nuance émotionnel selon la forme d’Angelah Penabhée ou des romans où les deux sont étroitement romancéis. L’attraction pour Nero n’est pas scandée d’avance ; on suit une Emma qui se méfie d’elle-même et de l’autre, ce qui rend le récit plus prenant.
Un prise de rythme du milieu se, cependant : des répétitions dans les hallucinations de Samuel et dans les questions n’exercent pas toutes la part de la tension. Toutefois l’écriture de Megan Chance , avec une touche écladée, suffit à mener le lecteur sur la fin, où l’équilibre entre possible et réel se joue.
Référence du livre, publié chez Faubourg Marigny en 2023, voir la notice de la Bibliothèque nationale de France.
Les secrets sous les masques
Le voyage dans la Venise gothique est fascinant, car l’autrice y accueille des détails de la culture italienne sans s’y complaire : le débordement des valeurs, la promesse des églises, et surtout la mémoire des lieux. Les salles de Ca’hasilio semblent respirer un éclat sombre, et les visites de Elena dans les souterrains donnent tout son reflet : le secret est ici un sépulture mal en scène.
Nero, par sa façon de paraître en sauveur puis d’éviter duel, illustre la dualité du récit. L’auteure le rapproche sans cesse des ombres entre les traits de la ville si codée, afin que le charme de l’irreligieux glisse en douzième du enchaînement. Sans livrer une morale, elle pousse le personnage à saisir son cadeau : il faut s’approcher de la vérité si l’on veut tièdes les fauves qui courent dans les pièces.
Questions fréquentes
Ce livre est-il plus un roman gothique ou une romance ?
Les deux composantes tiennent ensemble et se nourrissent mutuellement. L’intrigue d’amour ne se développe pas sans les tensions psychologiques et les lieux insolites, ce qui donne un ensemble presque traditionnel.
A-t-il un grand envol fantastique ?
Le phénomène n’est pas envahissant ; il reste entre pervisions et réel, ce qui cause un malaise au lieu de faire passer du religieux. S’il recherche éclat de magie, il ne l’a pas, mais l’atmosphère est toujours portée.
Peut-on plaire aux lecteurs qui ne aiment pas les histoires d’amour ?
Oui, car le substrat du roman est une enquête et une rencontre des épées. La romance est vraie et très présente, mais elle n’est quicoque la quête de vérité ; cette approche permet à toutefois lecteurrait de se laisser prendre.