Un livre ouvert sur une table de café parisien en terrasse — illustration de Je peux très bien me passer de toi » : ma comédie coup de cœur avant l'heure

« Je peux très bien me passer de toi » : ma comédie coup de cœur avant l’heure

Privilège rare sur ce blog : je vous parle aujourd’hui d’un roman qui n’est pas encore en librairie. « Je peux très bien me passer de toi » de Marie Vareille sort début juin aux éditions Charleston, et j’ai eu la chance de le lire en avant-première. Je précise pour la transparence : recevoir un livre en avance ne m’a jamais empêchée de dire quand je m’ennuie. Là, je ne me suis pas ennuyée une seconde.

Marie Vareille, si le nom ne vous dit rien encore, signait l’an dernier un premier roman qui m’avait bien fait rire, « Ma vie, mon ex et autres calamités » : l’histoire d’une Parisienne qui perd du jour au lendemain son couple, son travail et son appartement, et finit par poursuivre son ex jusqu’aux Maldives. C’était enlevé, culotté, imparfait comme le sont les premiers romans. Ce deuxième livre confirme tout ce que le premier promettait, en plus maîtrisé : la mécanique comique est toujours là, mais les personnages ont gagné en épaisseur.

Le point de départ est un pacte entre deux amies que tout oppose. Chloé et Constance en ont assez de leurs vies sentimentales respectives, chacune à sa manière. Alors elles passent un marché complètement absurde : Chloé doit s’exiler à la campagne, interdiction absolue d’approcher un homme, le temps d’écrire enfin son roman. Constance, elle, s’engage à faire ce qu’elle ne s’est jamais autorisé, passer une nuit avec un inconnu. Évidemment, rien ne se déroule comme prévu, et le pari entraîne les deux amies bien plus loin qu’elles ne l’imaginaient, de Paris aux vignes bordelaises, avec un détour par Londres.

Pourquoi je parie sur ce roman

D’abord parce que c’est drôle, vraiment drôle, avec des situations que je ne peux pas raconter sans gâcher le plaisir. Ensuite parce que sous la comédie, Marie Vareille parle de quelque chose de plus sérieux : ce qu’on s’interdit par peur, et les histoires qu’on se raconte pour justifier de rester immobile. Chloé qui repousse son roman depuis des années, ça m’a piquée là où il fallait, moi qui repousse à peu près tout ce qui compte depuis à peu près toujours.

J’ai un faible pour les romans à deux voix quand les deux voix existent vraiment, et c’est le cas ici. On n’a jamais l’impression de lire deux fois le même personnage avec une couleur de cheveux différente. Les chapitres alternent, le rythme ne retombe pas, et j’ai tourné les dernières pages avec ce mélange de contentement et de frustration qui signe les bonnes comédies : contente de la fin, frustrée que ce soit fini.

Je le dis souvent ici : nos tables de librairie débordent de comédies romantiques traduites de l’anglais, et j’en lis ma part avec plaisir, mais les plumes françaises qui assument le genre sans le prendre de haut restent trop rares. Marie Vareille en fait clairement partie, et elle a un avantage précieux sur bien des traductions : ses vannes n’ont pas eu à traverser la Manche, elles tombent juste du premier coup, avec des références qui sont les nôtres.

Pour qui, pour quand

C’est le roman parfait des vacances qui approchent : deux héroïnes, deux voix, des chapitres courts qu’on enchaîne sans effort, et ce qu’il faut de fond pour ne pas l’avoir oublié en refermant la valise. Si vous êtes du genre Chloé, à remettre vos grands projets à un lundi hypothétique, ou du genre Constance, à ne jamais sortir du cadre que vous vous êtes fixé, prévoyez quelques grincements de dents entre deux fous rires : ce livre vise étonnamment juste, et il ne prévient pas avant de tirer.

Preuve que le sujet fonctionne : j’en ai parlé à ma meilleure amie avant même d’écrire ce billet, et nous avons passé une soirée entière à imaginer quel pacte absurde nous pourrions signer toutes les deux. Elle propose de m’interdire les achats de livres pendant six mois. J’ai demandé un délai de réflexion, et je vous prie de ne pas lui donner d’autres idées dans les commentaires.

Verdict : notez le titre pour vos lectures d’été, il fera un parfait compagnon de transat. Rendez-vous début juin en librairie, et on en reparle ici quand vous l’aurez lu. Je veux savoir laquelle des deux héroïnes vous ressemble le plus. Moi je sais déjà, et je ne suis pas sûre d’en être fière.

Publications similaires