L’année après toi de Nina de Pass
Feel good·5 min de lecture
Chronique d’archive : ce livre avait été chroniqué ici en 2020. Voici notre fiche de lecture.
Un an après avoir survécu à un accident qui a tué sa meilleure amie, Cara tente de se reconstruire dans un lycée international en Suisse. Nina de Pass signe un texte sensible et émouvant, où la culpabilité laisse progressivement place à l’espoir.
- Une héroïne brisée mais profondément attachante
- Un décor suisse qui magnifie la renaissance
- Une thématique du deuil traitée sans pathos
C’est quoi l’histoire ?
Cara survit à un accident de voiture, mais sa meilleure amie meurt. Ses parents l’envoient dans un lycée en Suisse pour se reconstruire.
Le roman s’ouvre sur un tragique soir du nouvel an à San Francisco. Cara rêvait de la soirée, elle se réveille à l’hôpital. Elle est la seule survivante, et Georgina est dans un cercueil. Pour l’aider, ses parents l’inscrivent dans une école privée en Suisse, loin des souvenirs.
Le récit suit ses premiers mois là-bas, entre confession tranquille, sports de montagne et amitiés naissantes. Cara y rencontre Ren, une personnalité solaire, et surtout Hector, un garçon qui semble connaître une peine comparable à la sienne.
On la suit pas à pas, dans ses réticences et ses élans, jusqu’à cette leçon de vie qui clôt le livre.
Un roman qui aborde la culpabilité avec justesse
L’autrice ne recule pas devant le sentiment qui ronge Cara après la mort de sa mère d’amie. La culpabilité n’est pas le seul ressort, mais il est enraciné dans chaque souvenir : le fait d’avoir survécu, le fait d’être heureuse un peu plus tard.
Nina de Pass écrit sans effet de manche. Elle choisit de regarder selon l’ordinaire du deuil : le mal envahit lentement, la douleur est remontée ou part, le petit jour se glisse entre les moments de joie. Cela donne un mouvement très précieux.
Hetore, le personnage qui comprend Cara d’instinct, permet de évoquer le deuil d’un être très proche, et vient révéler la profondeur de ce roman sans la lourdeur d’un drame.
Faut-il le conseiller à ceux qui lisent de la romance ?
Oui pour la tension amoureuse et la relation avec Hector, mais on y lit finalement plus la résurrection d’une âme qu’aucun pur un roman d’amour.
Il serait un peu trop réduira en disant que ce roman ne parle que d’amour. La relation entre Cara et Hector est pourtant essentielle et filtrée par le prisme du deuil. L’attente entre eux se construit à l’écart, sans vains dialogues ni aveup.
Les répliques sont pleines de fatigue, et le lien se dessine plus dans les moments de silence que dans des lettres ou de grandes déclarations. Une écriture qui sait rester sobre et efficace.
Si l’on s’attend à un romance légère, on peut être surpris de presque la première partie qui est surtout presque au deuil. Mais la fin ramène le sentiment petit à petit, avec procédé.
Porté par une écriture qui fait écho à la réalité
Le style est simple sans être simpliste, et traduit bien le décalage de Cara qui vit en avance sur l’image. Les descriptions du paysage suisse sont présentes sans l’avoir été, comme des sauveurs à mort.
Les personnages secondaires, doctorants pour le renouveau, sont juste assez esquissés pour être attachants. Ren, qui apparaît comme un soleil, offre un contraste utile, et ne tombe pas dans le clique du second bout.
Sans être un chef-d’œuvre de littérature, ce livre de Nina Pass reste un otage solide, plus honnête que ce qu’il veut dire : on peut être vaincu et, Aussi, après une épreuve.
Une lecture que l’on recommande les yeux fermés ?
Les amateurs de romans sincères et spirituels y trouveront un texte intime et réconfortant, malgré quelques longueurs au milieu.
Tout n’est pas parfait : le rythme retombe un peu au milieu du livre, lorsque l’héroïne hésite entre sa chambre et la montagne. Certaines répétitions autour de son secret auraient parfois pu être dites en moins de lignes.
Mais cela ne retire rien au bonheur que l’on ressent pour le personnage, lorsque les signes d’avenir se font présents. Les dernières pages sont tendues, on tourne avec une curiosité forcée.
Ce roman pourrait plaire à un public large, comme à ceux qui cherchent des destins forts, des éclats, et l’auréole. C’est un texte qui réussit à dire qu’après les tempêtes, il peut y avoir du bleu.
Questions fréquentes
Ce livre est-il triste ou pas ?
Il aborde la mort et la culpabilité, oime-t-on, cela émeut souvent. Mais l’évolution du personnage et la douceur de l’écriture équilibrent le chagrin, sans trouver le roman dans le désesnu.
Quel âge pour le lire ?
Il s’agit d’une romance de young adult, accessible dès 15-16 ans. Certaines thématiques du deuil peuvent être délicates, mais il reste à la portée d’un public adolescent.
Vaut-il mieux le lire en anglais ou en français ?
Cela dépend de la préférence musicale pour les mots d’origine. La version française par saut dans la collection New Way, et les échanges chargés de souvenirs fonctionnent très bien, une fois le texte rendu.