« Après toi » ou la nouvelle vie de Lou Clark
Feel good·4 min de lecture
Bonjour tout le monde ! Après vous avoir parlé d’Avant toi, un de mes gros coups de cœur, je reviens aujourd’hui avec sa suite : Après toi de Jojo Moyes. Je vais être honnête sur mes motivations. Je n’ai pas ouvert ce roman parce que j’attendais un chef-d’œuvre. Je l’ai ouvert parce que j’avais besoin de savoir ce que Lou était devenue, et que je ne supportais pas de la laisser là où le premier livre l’abandonnait.
Pour ceux qui auraient échappé au phénomène, Avant toi raconte la rencontre entre Louisa Clark, jeune femme sans qualification particulière, et Will Traynor, ancien golden boy devenu tétraplégique après un accident. Le roman a fait pleurer la moitié de la planète, il a été adapté au cinéma en 2016, et je fais partie des gens qui ont dû reposer le livre plusieurs fois pour reprendre leur souffle. Autant dire que j’abordais la suite avec autant d’envie que d’appréhension.
C’est quoi le pitch ?
Un an et demi a passé. Lou a quitté sa ville natale, où elle est devenue la cible de tous les commentaires, et s’est installée à Londres. Elle enchaîne un travail sans intérêt, vit dans un appartement qu’elle n’a pas décoré, et se débat surtout avec les dernières volontés de Will, qui lui recommandait de profiter de la vie. Sauf qu’on ne profite pas de la vie sur ordonnance. Puis une chute, un groupe de parole, et l’arrivée d’une adolescente vont remettre les choses en mouvement.
Je ne vous en dis pas plus sur l’identité de cette adolescente, même si le résumé de l’éditeur n’en fait pas mystère. Sachez seulement qu’elle change complètement la direction du roman, et que c’est à la fois sa meilleure idée et son plus gros défaut.
Ce qui fonctionne
La première partie m’a beaucoup touchée. Jojo Moyes décrit très bien cet état d’apesanteur où l’on continue à faire les gestes du quotidien sans être vraiment là. Lou n’est pas effondrée, elle est éteinte, ce qui est autrement plus difficile à écrire. Les scènes du groupe de parole sont probablement ce que le roman a de meilleur : des gens ordinaires qui racontent des choses terribles avec des mots maladroits, et parfois une drôlerie complètement déplacée qui sonne parfaitement juste.
La famille de Lou reste un régal. Sa sœur, ses parents, leurs discussions absurdes autour de la table de la cuisine, tout cela fonctionne aussi bien que dans le premier tome. Jojo Moyes a un talent particulier pour les dialogues familiaux, ceux où personne n’écoute personne et où l’affection passe par des reproches. J’ai souri plusieurs fois, ce que je n’attendais pas d’un livre sur le deuil.
Ce qui m’a moins convaincue
Il faut bien l’admettre : ce roman n’a pas la nécessité du premier. Avant toi partait d’une situation qui obligeait chaque personnage à se positionner. Ici, l’intrigue doit être fabriquée, et ça se sent. L’arrivée de l’adolescente relance la machine, mais elle relance aussi une série de rebondissements qui appartiennent à un autre genre de livre. Vers le milieu, j’ai eu l’impression de lire un feuilleton là où j’espérais un roman sur la reconstruction.
L’histoire d’amour, elle, m’a laissée à distance. Le personnage masculin est sympathique, correctement écrit, et je n’ai pas cru une seconde à ce qui se passe entre eux. Peut-être que le problème vient de moi et de mon incapacité à laisser la place à quelqu’un d’autre. Peut-être aussi que le roman va trop vite, et qu’il installe ce nouveau lien parce qu’il faut bien qu’il en installe un.
Alors non, pas de coup de cœur cette fois. Mais je ne regrette pas une minute de cette lecture, parce qu’elle m’a donné exactement ce que j’étais venue chercher : voir Lou remonter. Il y a une phrase, vers la fin, sur le fait que continuer à vivre n’est pas une trahison. Je l’ai relue trois fois. Si vous avez aimé Avant toi et que vous hésitez, lisez-le sans en attendre le même choc. Vous y trouverez autre chose, plus modeste, plus rassurant.