Un vieux livre relié ouvert sur un bureau en bois patiné — illustration de « [Arrêt sur image] Le temps d'un été (Evening) »

[Arrêt sur image] Le temps d’un été (Evening)

Culture·5 min de lecture

Bonjour tout le monde ! J’espère que votre week-end se passe bien et qu’il y a du soleil chez vous. De mon côté, entre deux cueillettes de fraises au potager familial, elles sont énormes et bien rouges cette année, et la lecture du dernier tome d’une certaine trilogie dont tout le monde parle depuis l’automne dernier, je vais enfin vous parler d’un film que je cite dans un TFMA sur deux. Puisqu’il faut bien que je le finisse, ce dernier tome, même si l’héroïne me fatigue et que son cher milliardaire a fini par gagner quelques points en route.

Bref. Aujourd’hui, arrêt sur image sur « Evening ». Chez nous, le titre est devenu « Le temps d’un été », ce qui est un choix que je trouve à la fois pauvre et clairement calqué sur une adaptation de Nicholas Sparks qui avait bien marché quelques années plus tôt. Le film n’est jamais sorti dans nos salles, il est arrivé directement en vidéo, ce qui explique que personne autour de moi ne l’ait vu et que je passe mon temps à le vendre comme une représentante de commerce.

De quoi ça parle

Le film date de 2007, il est réalisé par Lajos Koltai et adapté d’un roman de Susan Minot, qui a d’ailleurs coécrit le scénario avec Michael Cunningham. L’histoire est celle d’Ann, une femme âgée, mourante, qui remonte le fil de ses souvenirs devant ses deux filles. Cinquante ans plus tôt, elle était la demoiselle d’honneur au mariage de sa meilleure amie Lila, dans une grande maison au bord de la mer, et elle y a croisé un homme, Harris. Le film navigue entre les deux époques, la chambre d’aujourd’hui et le week-end de mariage d’autrefois.

Il faut voir le casting réuni là-dedans, c’est presque indécent. Vanessa Redgrave en Ann âgée, Claire Danes en Ann jeune, Toni Collette et Natasha Richardson en filles, Patrick Wilson, Glenn Close, Meryl Streep, Eileen Atkins. Le détail que je trouve magnifique : Vanessa Redgrave et Natasha Richardson sont mère et fille dans la vraie vie, et Meryl Streep partage son personnage avec sa propre fille, Mamie Gummer, qui joue Lila jeune. Quand on sait ça, certaines scènes prennent une épaisseur supplémentaire.

Pourquoi je m’y accroche

Alors oui, il y a Hugh Dancy, mon Chouchou British, pour ceux qui débarquent ici. Un Britannique avec des yeux bleus et une toison brune bouclée sur la tête, je n’ai jamais prétendu résister. Il joue Buddy, le frère de la mariée, et il est ici dans un registre que je ne lui connaissais pas : drôle au début, franchement bancal ensuite, et de plus en plus douloureux à regarder. C’est probablement le rôle où je le trouve le meilleur, et pas seulement parce que je le trouve beau, ce qui est déjà un progrès de ma part.

Ce qui me tient, dans ce film, c’est l’atmosphère. La maison, la lumière de fin de journée, les robes, les silences dans les couloirs. Les allers-retours entre les deux époques ne sont pas toujours réussis, je le reconnais, et il y a des moments où le montage s’égare et où le rythme s’effondre. La critique n’a pas été tendre à sa sortie, et je peux comprendre les reproches. Mais il y a une poignée de scènes qui me restent en tête des années après, notamment celles de la chambre, où trois générations de femmes se parlent sans arriver à se dire l’essentiel.

Et puis il y a la question du film : est-ce qu’une seule rencontre peut déterminer une vie entière, ou est-ce qu’on se raconte cette histoire après coup pour donner du sens au reste ? Ann passe son temps à répéter le nom de cet homme sur son lit de mort, et ses filles, qui se débattent avec leurs propres vies compliquées, ne savent pas quoi en faire. J’avais vingt ans la première fois que j’ai vu ça et je n’ai pas compris grand-chose au personnage de la fille aînée. Je l’ai revu récemment et j’ai eu envie de m’excuser auprès d’elle.

Voilà, c’est dit. « Le temps d’un été » n’est pas un chef-d’oeuvre, et je serais malhonnête de le vendre comme tel. C’est un film imparfait, mélancolique, magnifiquement habillé, avec un casting qui mériterait un meilleur scénario, et il fait partie de mes films préférés depuis des années. On a tous un titre comme ça dans notre liste, un film qu’on défend contre le monde entier en sachant très bien qu’il a des défauts.

Si vous l’avez vu, venez me le dire en commentaire, ça me fera au moins une personne à qui en parler. Et si vous ne l’avez pas vu, sachez qu’il se trouve en DVD sans difficulté. Vous m’en direz des nouvelles, et si vous détestez, je préfère ne pas le savoir.

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