Un vieux livre relié ouvert sur un bureau en bois patiné — illustration de « TFMA : euh... je peux réécrire le scénario ? »

TFMA : euh… je peux réécrire le scénario ?

Culture·4 min de lecture

Bonjour tout le monde ! Aujourd’hui je suis en pleine forme et si tout se passe comme prévu, il y aura plusieurs articles sur le blog. Avant de commencer, un mot pour vous dire que ma Soeur Cosmique vient de terminer son déménagement de blog. Vous pouvez aller y faire un tour en cliquant sur le Cheshire Cat dans ma colonne de droite. Elle parle de tout et de rien, culture, lifestyle et compagnie, alors n’hésitez pas.

Je reprends. C’est samedi, donc TFMA, et cette semaine le thème est fait pour moi : les films dont on aurait bien réécrit l’histoire. En tant que lectrice qui a lu le livre avant de voir le film à peu près neuf fois sur dix, j’ai de la matière. Beaucoup de matière. Installez-vous.

Quand l’adaptation prend ses aises

Cinquième place : la saga « Harry Potter ». Non mais regardez-la ! Elle ne pouvait pas finir comme ça. Je suis fan depuis le premier tome et je me suis arraché les cheveux à plusieurs reprises. Je sais bien qu’on ne peut pas tout transcrire à l’écran, qu’il faut couper, condenser, choisir. Mais il y a une différence entre couper et rater complètement une scène. La mort de Sirius dans « l’Ordre du Phénix » reste mon exemple préféré : dans le livre, c’est un gouffre qui s’ouvre sous les pieds du lecteur, et à l’écran c’est expédié en quelques secondes. J’étais assise dans la salle, prête à pleurer toutes les larmes de mon corps, et rien n’est venu. Toujours vexée, six ans après.

Quatrième place et médaille en chocolat : « Eragon ». Là, ce n’est plus une réécriture qu’il faudrait, c’est une reprise à zéro. J’avais lu le roman de Christopher Paolini à l’adolescence, avec l’enthousiasme d’une gamine qui venait de finir Tolkien et qui en redemandait. Le film de 2006 a réussi l’exploit de tout aplatir en moins de deux heures. Je me souviens d’être sortie du cinéma sans un mot, ce qui, me concernant, est le signe d’un désastre absolu.

Troisième place et médaille de bronze : « Le Seigneur des Anneaux, le Retour du Roi ». Attention, j’adore cette trilogie, elle a une place à part dans ma vie de spectatrice. Mais Peter Jackson a évacué tout un pan de la fin du livre, ce retour au pays où rien n’est plus comme avant, et je trouve que le film y perd quelque chose d’essentiel. Chez Tolkien, on ne rentre pas indemne. Au cinéma, on rentre et tout est joli. Ce n’est pas la même histoire.

Le podium de la rancune

Deuxième place : « Orgueil et Préjugés » version 2005. Oui, encore. J’aime ce film d’un amour déraisonnable, mais il existe une fin supplémentaire qui a été montée pour la sortie américaine, une scène en plus après le mariage, avec un « Mrs Darcy » répété plusieurs fois. Je sais que beaucoup l’adorent. Moi, je trouve que ça casse complètement le ton du reste. Austen ne finit jamais sur du sucre, elle finit sur de l’ironie. Ma version à moi s’arrête plus tôt, et je maintiens ma position même si ça me vaut des ennemis.

Première place : « Ma vie pour la tienne ». Le film de 2009 adapte le roman de Jodi Picoult, et il change le dénouement du livre. Complètement. Je ne vais rien dévoiler pour ceux qui ne connaissent ni l’un ni l’autre, mais si vous avez lu le roman et vu le film, vous savez de quoi je parle et vous avez probablement eu la même réaction que moi devant l’écran : mais qu’est-ce qui vous a pris ? Tout le sens du livre reposait sur cette fin, et sans elle, l’histoire devient une autre histoire, plus confortable et beaucoup moins forte. C’est le seul film que j’ai eu envie de réécrire ligne à ligne en sortant de la séance.

En relisant ce classement, je remarque que quatre de mes cinq colères viennent d’adaptations de romans. Ce n’est pas un hasard et je suis parfaitement consciente d’être injuste : un livre et un film ne racontent pas de la même façon, et il faut bien trancher quelque part. Mais je reste persuadée qu’on peut couper sans trahir, et que les meilleures adaptations sont celles qui gardent l’intention même quand elles changent les moyens.

Et vous, quel film auriez-vous réécrit ? Je sens qu’il y a du débat dans l’air, surtout sur ma deuxième place. Les commentaires sont ouverts, soyez sympas quand même, j’ai encore un article à écrire aujourd’hui.

Publications similaires