Un roman broché à couverture pastel posé sur un plaid en grosse maille — illustration de « « Make me bad », tome 2 : la vengeance ? Une révélation ! »

« Make me bad », tome 2 : la vengeance ? Une révélation !

New romance·4 min de lecture

Bonjour tout le monde ! On y est. Après un premier tome qui m’avait attrapée bien plus fort que prévu, la suite de Make me bad d’Elle Seveno sort aujourd’hui, et je l’ai déjà terminée. C’est le genre de lecture qu’on commence à vingt-deux heures en se disant qu’on va juste voir comment ça démarre, et qu’on referme beaucoup trop tard avec les yeux qui piquent.

Petit rappel de la situation pour celles qui auraient besoin de se remettre en mémoire. Laure a découvert que Matt, son petit ami, la trompait avec sa propre sœur. Plutôt que de pleurer dans son coin, elle a décidé de se venger, et elle a trouvé en Alex un complice à sa mesure. Le premier tome se terminait avec Matt payant l’addition. Reste Léa, la sœur, et le plan de Laure ne prévoit pas de l’épargner.

Une vengeance qui se retourne

Le grand intérêt de ce second tome, c’est qu’il pose la seule question qui vaille : est-ce que le plan compte encore autant que ce que Laure ressent pour Alex ? L’autrice aurait pu répondre en cinquante pages et enchaîner sur les retrouvailles. Elle prend son temps, elle laisse Laure s’entêter, et elle a raison. Il y a quelque chose de très juste dans cette manière de montrer une fille qui sait pertinemment qu’elle est en train de tout casser et qui continue quand même, par orgueil.

Alex, de son côté, est coincé dans un dilemme que je n’attendais pas aussi bien exploité. Il a donné sa parole. Il doit séduire Léa pour que le plan aille au bout. Sauf qu’il est tombé amoureux de la fille qui lui demande de le faire. Tenir sa promesse, c’est perdre Laure. Y renoncer, c’est trahir la seule chose qui les liait au départ. Elle Seveno ne le sort pas de ce piège par un coup de baguette et je lui en suis reconnaissante.

Le personnage de Léa m’a d’ailleurs surprise. Dans le premier tome, elle n’était guère plus qu’un nom sur une liste de cibles. Ici elle prend de l’épaisseur, on comprend un peu mieux d’où elle vient, et le roman devient nettement moins confortable. Difficile de continuer à applaudir une vengeance quand la victime commence à ressembler à quelqu’un. C’était le risque, et l’autrice le prend.

L’écriture, entre plateforme et livre

Il faut se souvenir que cette histoire vient de Fyctia, où elle a été lue par un nombre proprement indécent de personnes avant d’arriver en librairie. Ça se sent, et pas seulement en mal. Les chapitres sont courts, chacun se termine sur une petite secousse, on tourne les pages sans même y penser. C’est du feuilleton et l’autrice maîtrise le format.

Le revers de la médaille, c’est une écriture qui reste par moments un peu plate. Des dialogues très efficaces, des descriptions qui le sont beaucoup moins, quelques répétitions dont un passage en relecture aurait pu venir à bout. Rien de rédhibitoire, mais si vous cherchez une plume qui vous fasse relire vos phrases pour le plaisir, ce n’est pas ici que ça se passe.

Ce qui compense largement, c’est la voix de Laure. Elle est mauvaise, elle le sait, elle le dit, et elle ne s’excuse pas toutes les trois pages comme le font tant de narratrices dans ce registre. Ça donne au livre un ton un peu rugueux qui me change de la douceur ambiante du rayon.

Alors, révélation ?

Oui. Je pèse le mot, parce que je le distribue rarement. Je n’attendais rien de particulier de cette histoire quand j’ai ouvert le premier tome, et je me retrouve deux romans plus tard à recommander une autrice française dont je n’avais jamais entendu parler il y a un an. C’est exactement pour ça que je continue à lire ce que publient les plateformes plutôt que de lever les yeux au ciel.

Sur la fin, je reste volontairement vague. Je dirai simplement qu’elle m’a paru cohérente avec ce que le livre raconte depuis le début, et qu’elle évite le grand pardon collectif où tout le monde s’embrasse au dernier chapitre. Certains détails se règlent un peu vite à mon goût, notamment du côté de Matt, mais l’essentiel est là.

Verdict : à lire si vous avez aimé le premier, et à découvrir depuis le début si vous ne connaissez pas. Prévoyez une soirée où vous n’avez rien de prévu le lendemain matin, parce que la construction en chapitres courts est une machine à vous voler des heures de sommeil. Je préviens, on ne pourra pas dire que je ne l’ai pas fait.

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