« Fingers Crossed » des Part-Time Friends, premier album pop
Culture·4 min de lecture
Je parle surtout de livres ici, mais il m’arrive de faire un pas de côté quand un disque s’installe dans mon quotidien au point de devenir la bande-son de mes lectures. C’est le cas depuis quinze jours avec Fingers Crossed, le premier album des Part-Time Friends, sorti le 18 mars chez Un Plan Simple. Je l’ai écouté en boucle en corrigeant des pages, en marchant, en cuisinant mal.
Part-Time Friends, c’est un duo formé de Pauline Lopez de Ayora et Florent Biolchini. Ils se sont rencontrés en 2007, ils écrivent et composent ensemble, et le nom du groupe fait référence à leur amitié, avec ses hauts et ses bas, comme la plupart des amitiés qui durent. Il leur a fallu du temps avant que le projet prenne vraiment forme, et cette maturation s’entend.
Douze morceaux, douze tranches de vie
L’album tient sur une ligne assez claire : de la pop lumineuse, avec des poussées folk qui remettent de l’énergie quand on croit que le disque va s’endormir. Les voix se répondent, s’entrelacent, se laissent la place. Il y a chez ce duo une manière de chanter à deux qui donne l’impression d’écouter une conversation plutôt qu’une performance, et c’est probablement ce qui m’a accrochée dès la première écoute.
Mes morceaux préférés changent selon les jours. Here We Are ouvre le disque avec une évidence mélodique qui donne envie de monter le son. Home est celui que je réécoute le soir. Johnny Johnny a ce refrain qui reste collé pendant trois jours, celui qu’on se surprend à fredonner dans la file d’attente d’une caisse. Keep on Walking et This City tiennent la partie plus nerveuse de l’album.
Deux titres sortent du lot par leurs invités. Summertime Burns est un duo avec Dan Black, et La Mer et l’Alaska associe le duo à Granville, avec un passage au français qui fonctionne très bien. J’aime bien quand un groupe francophone qui chante en anglais s’autorise ce genre d’aller-retour sans en faire une déclaration d’intention. Ça donne au disque une respiration supplémentaire.
Une musique qui se marie bien avec un livre
Je fais partie des lectrices qui écoutent de la musique en lisant, ce qui provoque des débats passionnés à chaque fois que j’en parle. Mon critère est simple : il faut que le disque occupe le fond sans réclamer le premier plan. Trop discret, il devient inutile. Trop bavard, il vole les mots du livre. Fingers Crossed se tient exactement à la bonne distance. Les arrangements sont assez riches pour créer une atmosphère, assez fluides pour qu’on n’ait pas envie de s’arrêter de lire.
J’ai remarqué que je l’associe surtout aux romans lumineux, ceux qui parlent de gens qui recommencent quelque chose. Sur un thriller, ça ne marche pas du tout. Sur une comédie sentimentale ou un feel good, c’est parfait. Il y a dans ces mélodies une forme d’optimisme qui n’est pas béat, la même que je cherche dans les livres qui me remontent le moral sans me raconter n’importe quoi.
Faut-il aimer la pop anglo-saxonne pour entrer dans cet album ? Probablement un peu. On entend les influences, et le duo ne s’en cache pas. Ceux qui cherchent une révolution sonore trouveront le disque sage. Ceux qui, comme moi, ont un faible pour les mélodies bien construites et les harmonies vocales soignées passeront un très bon printemps avec.
Ce que j’attends de la suite
Un premier album pose une identité, il ne dit pas encore où le groupe va. Ici, l’identité est là : deux voix, un goût prononcé pour la mélodie, un équilibre entre douceur et élan. J’ai hâte de voir ce que ça donne sur scène, parce que ce genre de formation se joue souvent sa vraie partie en concert, avec plus de nerf et moins de production.
En attendant, l’album occupe ma platine et mes trajets. Si vous cherchez de quoi accompagner vos lectures de printemps, ou simplement de quoi rendre un lundi moins hostile, il fait le travail. Et si vous préférez lire dans le silence complet, je respecte, même si je ne comprends pas.
Dites-moi en commentaire ce que vous écoutez en lisant. Je cherche toujours de nouvelles idées pour mes soirées de mars, qui ressemblent beaucoup trop à mes soirées de février.