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Reviens mon ange de Jérôme-Arnaud Wagner, un roman écrit à deux mains

Culture·4 min de lecture

Pour clore l’année, j’avais envie de ressortir de mes carnets un titre lu il y a quelques mois et dont je n’avais jamais pris le temps de parler ici. Reviens mon ange de Jérôme-Arnaud Wagner fait écho à un autre de ses livres dont j’ai déjà parlé, N’oublie pas que je t’aime, et pour cause : c’est la suite romanesque de celui-ci. Je l’ai lu en deux soirées, ce qui n’était pas prévu au programme.

C’est quoi le pitch Holly ? Alison croit encore au prince charmant. Elle tombe sous le charme trompeur de Frank, un bel Américain, pour qui elle abandonne son métier de journaliste, son pays, et surtout Max, son amour véritable. Une fois arrivée à Los Angeles, la cité des anges, elle comprend peu à peu que l’homme qu’elle a épousé n’est pas celui qu’elle croyait, et une trame policière vient se glisser sous l’histoire d’amour.

Un livre qui a deux auteurs, dont une absente

Impossible de chroniquer ce roman sans dire d’où il vient. Jérôme-Arnaud Wagner s’était fait connaître avec N’oublie pas que je t’aime, récit écrit après la disparition brutale de sa femme, publié chez Les Nouveaux Auteurs. Reviens mon ange reprend une histoire qu’elle avait commencé à écrire et laissée inachevée. L’auteur la termine. On lit donc un texte à deux mains dont l’une manque, et cette information change forcément la façon dont on tourne les pages.

Je sais que ça peut mettre mal à l’aise. Il y a toujours un moment où l’on se demande si l’on juge le livre ou l’histoire qui l’entoure. J’ai essayé de faire la part des choses en le lisant, et je crois pouvoir dire que le roman tient debout tout seul. On peut l’ouvrir sans rien savoir de sa genèse et passer un bon moment avec Alison. Mais on ne peut pas non plus prétendre que ce contexte n’ajoute rien. Il ajoute une gravité, une façon d’insister sur les occasions manquées, sur les mots qu’on ne dit pas à temps, qui ne serait pas là autrement.

Une romance qui vire à autre chose

Le début ressemble à une romance classique, avec ses hésitations et son étranger séduisant qui débarque au mauvais moment. Puis le décor californien se referme comme un piège. Alison a tout laissé derrière elle et se retrouve dépendante d’un homme dont elle ne sait presque rien. Ce basculement est ce que le livre réussit le mieux. On sent l’étau se resserrer sans effet de manche, simplement parce que la marge de manoeuvre de l’héroïne rétrécit à chaque chapitre.

L’intrigue policière arrive alors et je dois avouer que je ne l’attendais pas à ce niveau. Ce n’est pas un thriller à énigme, plutôt une menace qui rôde et qui donne au roman son moteur. Certains lecteurs de romance trouveront peut-être que ça déborde du cadre. Personnellement, j’aime bien qu’un livre refuse de rester dans sa case, et celui-ci refuse de bon coeur.

Là où j’ai davantage tiqué, c’est sur le personnage de Max. Il occupe une place immense dans l’esprit d’Alison et beaucoup moins dans les pages. J’aurais aimé le voir vivre, se tromper, exister ailleurs que dans le souvenir. Frank, en revanche, est très bien fabriqué, avec ce charme lisse qui devient inquiétant à mesure qu’on l’observe. C’est un personnage qu’on a envie de secouer, ce qui est plutôt bon signe.

Faut-il le lire ?

Si vous cherchez une lecture légère pour digérer les fêtes, passez votre chemin, ce n’est pas le moment. Si en revanche vous aimez les romans qui parlent d’amour sans mièvrerie et qui acceptent d’aller là où ça fait mal, celui-ci mérite votre temps. Je le conseillerais surtout à ceux qui ont déjà lu N’oublie pas que je t’aime, parce que les deux textes se répondent et que l’ordre de lecture compte.

Voilà pour mon dernier billet de l’année. J’ai un peu honte du nombre de chroniques que je n’ai pas écrites en douze mois alors que ma liste de lectures, elle, s’est allongée sans complexe. Promis, je m’améliore l’an prochain. Enfin, je vais essayer, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Je vous souhaite une belle fin d’année et une pile de livres bien fournie pour la suivante.

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