« Campus Drivers, Book Boyfriend » : quand le tombeur consulte une lectrice
New romance·4 min de lecture
Bonjour tout le monde ! Me voilà officiellement en vacances, ce qui signifie que je vais enfin pouvoir écrire toutes les chroniques qui s’entassent depuis des semaines dans mes notes. On commence par Book Boyfriend, le deuxième tome de la série Campus Drivers de C.S. Quill. J’avais lu Supermad à la rentrée et je m’étais promis de ne pas attendre trois mois pour la suite. Promesse tenue, pour une fois.
Petit rappel du décor pour ceux qui arrivent en cours de route : Campus Drivers, c’est une application montée par une bande d’étudiants qui jouent les chauffeurs pour leurs camarades, au volant de voitures de collection. Le concept est ridicule et parfaitement assumé, et c’est justement ce qui le rend sympathique. Le premier tome suivait Lane. Ici, on passe à Donovan, et le changement de point de vue fait beaucoup de bien.
C’est quoi le pitch ?
Donovan est le bourreau des cœurs officiel de la bande. Il collectionne les conquêtes d’un soir sans se poser de questions, jusqu’au jour où il réalise les dégâts que son comportement a pu causer. Il décide alors de devenir le petit ami parfait, ce qui suppose d’apprendre, et donc de trouver un professeur. Son choix se porte sur Carrie, qui n’a jamais rien eu à faire avec lui et compte bien que ça continue.
Parce que Carrie, elle, ne croit pas une seconde aux tombeurs repentis. Elle a une opinion très arrêtée sur le sujet et préfère largement collectionner les héros des romances qu’elle dévore, qui présentent l’immense avantage d’être écrits par quelqu’un qui sait où il va. Voilà. Une héroïne lectrice de romance qui se voit proposer de fabriquer un book boyfriend en chair et en os. Il fallait le trouver.
Le book boyfriend, cette créature impossible
C’est évidemment le point qui m’a fait sourire du début à la fin, parce que le roman se moque gentiment de nous. Nous passons notre temps à comparer les hommes réels à des personnages construits pour cocher toutes nos cases, et C.S. Quill le sait très bien. Elle envoie donc Donovan étudier les codes du genre comme on réviserait un partiel, avec fiches et tout le reste, et le résultat est franchement drôle.
Là où le roman devient intéressant, c’est quand il refuse la conclusion facile. On pourrait imaginer que Donovan applique la méthode, coche les cases, et que ça fonctionne. Ce n’est pas du tout ce qui se passe. Les gestes appris sonnent faux, Carrie les repère immédiatement, et il faut que le personnage arrête de jouer un rôle pour que quelque chose commence enfin. Le message est un peu appuyé par moments, mais il est juste.
J’ai aussi apprécié que Carrie ne soit pas réduite à sa fonction de coach. Elle a sa propre histoire, ses propres raisons de se tenir à distance, et le roman lui accorde autant d’espace qu’à Donovan. Trop souvent, dans ce type de configuration, l’héroïne devient un outil pédagogique au service de la rédemption masculine. Ici, elle a quelque chose à perdre et quelque chose à apprendre, elle aussi.
On en pense quoi ?
Ce deuxième tome se lit tout seul, comme le premier. L’écriture est fluide, les dialogues claquent, et la bande d’amis reste ce qui fait le charme de la série. On retrouve les personnages qu’on connaît sans que le roman s’arrête pour nous faire un résumé de quinze pages, ce que je trouve toujours élégant. Vous pouvez le lire sans avoir lu Supermad, même si vous perdrez quelques clins d’œil.
Ce que je reprocherais ? Une facilité, vers la fin, que je n’ai pas trouvée à la hauteur du reste. Sans rien dévoiler, le conflit se dénoue grâce à une révélation dont on aurait pu se passer, alors que les personnages étaient largement assez construits pour régler ça eux-mêmes. C’est dommage, parce que le roman n’avait pas besoin de cette béquille.
Reste que j’ai passé un excellent moment, et que je vais attendre la suite de la série avec impatience. Si vous cherchez une romance de campus sans prise de tête pour les vacances, avec une héroïne qui vous ressemblera peut-être un peu trop, celle-ci est toute trouvée. Mes autres chroniques sont juste ici pour ceux qui veulent piocher d’autres idées.