« The Deal » d’Elle Kennedy, mon gros coup de cœur de l’été
New romance·4 min de lecture
Bonsoir tout le monde ! Nous y voilà. S’il y a un livre que j’attendais cet été, c’était celui-là : « The Deal » d’Elle Kennedy, premier tome de la série Off-Campus, sorti début juillet chez Hugo Roman dans la collection New Romance. J’ai dévoré ma lecture, dans le sens le plus littéral du terme : deux soirées, dont une qui s’est terminée à une heure indécente avec la lampe de chevet allumée et l’impression très nette de faire une bêtise.
C’est quoi le pitch Holly ?
Hannah est une excellente étudiante et elle a un don pour le chant. Dès qu’il s’agit d’hommes et de séduction, en revanche, elle perd tous ses moyens. Garrett est la star de l’équipe de hockey de l’université, sauf que ses résultats scolaires menacent sérieusement sa place dans l’équipe. Les deux passent un accord assez tordu : elle lui donne des cours pour sauver sa moyenne, il l’aide à séduire le quarterback de l’équipe de football, qui la laisse totalement indifférente au reste du campus. Vous voyez très bien où ça va. Moi aussi. Et ça n’enlève rien au plaisir.
Pourquoi ça marche aussi bien
Les dialogues. C’est la réponse courte. Elle Kennedy écrit des échanges qui claquent, drôles, rapides, avec un vrai sens du tac au tac. Hannah ne se laisse jamais faire, ce qui est absolument déterminant dans ce type d’histoire. Elle a de la répartie, elle envoie Garrett balader quand il dépasse la ligne, et leur relation se construit sur des conversations plutôt que sur des soupirs. Je crois que j’ai souri à peu près une page sur deux dans la première moitié.
Ensuite, le traitement du personnage masculin. J’avais peur du sportif arrogant standard, celui qui se rachète en dix pages parce que l’héroïne lui a montré la lumière. Garrett est plus intéressant que ça. Il travaille, il tient à son équipe, il porte une histoire familiale qui explique beaucoup de ses réflexes sans jamais servir d’excuse à ses comportements. L’autrice ne l’utilise pas comme un fantasme ambulant, elle lui donne une vie propre, et il en devient franchement attachant.
J’ajoute un point qui compte beaucoup pour moi : le roman prend le consentement au sérieux. Hannah a un passé difficile, le livre l’aborde avec précaution, et Garrett demande, écoute, s’arrête. Ce n’est pas anecdotique dans un genre où l’insistance masculine est encore souvent présentée comme romantique. Ici, le respect fait partie de la séduction au lieu de la freiner, et ça rend toutes les scènes plus intenses, pas moins.
Ce que je reproche quand même
Le schéma reste très balisé. L’accord bancal, les colocataires envahissants, le malentendu de la fin du deuxième tiers, la scène de réconciliation : rien ne vous surprendra si vous lisez régulièrement de la romance universitaire. Ce n’est pas un livre qui invente quoi que ce soit, c’est un livre qui exécute très bien une recette connue. Selon votre humeur, ce sera un confort ou une limite.
Le campus américain, aussi, sonne parfois comme un décor de série télé plus que comme un lieu réel. Les cours existent surtout pour justifier les rendez-vous entre les deux personnages, et on ne sait pas grand-chose du travail d’Hannah au conservatoire alors que le chant est censé être le centre de sa vie. J’aurais aimé plus de musique et un peu moins de vestiaire.
Enfin, la traduction laisse passer quelques tournures qui font trébucher, en particulier dans les répliques rapides où l’anglais se devine derrière le français. Rien de dramatique, mais quand tout le sel du livre tient dans les dialogues, le moindre décalage se remarque.
Malgré ces réserves, c’est mon plus gros plaisir de lecture de l’été, sans hésiter. J’ai passé un moment excellent, j’ai ri, j’ai eu chaud aux joues à quelques reprises, et j’ai refermé le livre en cherchant immédiatement la date de sortie du tome suivant. C’est exactement ce qu’on demande à ce genre de roman. Si l’été vous a laissée avec le cerveau en compote et l’envie de quelque chose de vif et de drôle, foncez.