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TFMA : le méchant qu’on aime détester

Culture·4 min de lecture

Après une semaine de pause pour cause de retour à la maison familiale, et il faut bien en profiter un peu, voilà le retour du samedi cinéma de BigreGirl. Cette semaine, on passe de l’autre côté : les méchants, ceux qu’on aime détester avec application. J’ai adoré faire cette liste, ce qui est peut-être inquiétant.

Cinquième place, encore une égalité. D’abord Robert Angier, joué par Hugh Jackman dans Le Prestige, de Christopher Nolan, 2006, d’après le roman de Christopher Priest. Ce film est une tuerie du début à la fin et j’ai eu un mal fou à désigner mon méchant : les deux magiciens se détruisent mutuellement et aucun n’est propre. Sauf que Christian Bale reste trop humain à mon goût, alors que Jackman se laisse dévorer par sa rancune avec un plaisir presque enfantin. Il m’a retourné la tête, et la révélation finale m’a empêchée de dormir.

À égalité, Hagen, joué par Julian Sands dans le téléfilm en deux parties d’Uli Edel sorti en 2004, celui tiré de la légende des Nibelungen et qu’on trouve sous plusieurs titres selon les pays. Je l’ai découvert en cours d’allemand, ce qui n’était pas gagné, et cette légende me fascine toujours autant. Sands y joue le conseiller qui empoisonne tout autour de lui sans jamais lever la voix. Petit détail amusant : un très jeune Robert Pattinson y tient le rôle de Giselher, et je ne l’avais pas reconnu du tout.

Ceux que je déteste avec application

Quatrième place : Dolores Ombrage, par Imelda Staunton, dans Harry Potter et l’Ordre du Phénix, sorti en 2007. Le méchant du sorcier au serpent fait peur, d’accord, mais il est loin, il est abstrait, il ressemble à une catastrophe naturelle. Ombrage, elle, est la voisine de palier. Elle porte du rose, elle a des chatons au mur, elle vous sourit en vous détruisant, et elle a la loi de son côté. C’est le seul personnage de toute la saga qui me donne envie de crier sur l’écran. Réussite totale.

Troisième place : Maléfique, dans La Belle au bois dormant de Disney, 1959. Impossible de faire cette liste sans une méchante de dessin animé, et celle-ci écrase la concurrence. Le vert, la cape, les pommettes, la voix. Elle maudit un bébé parce qu’on l’a oubliée sur une liste d’invités, ce qui est objectivement démesuré, et pourtant elle a une classe folle. Je l’ai revue cet été en enchaînant les contes pour mon challenge de lecture, et je maintiens : c’est le personnage le mieux dessiné du film.

Deuxième place : Hannibal Lecter, par Anthony Hopkins, dans Le Silence des agneaux, de Jonathan Demme, 1991, d’après Thomas Harris. J’ai vu ce film beaucoup trop jeune, chez une copine, et je m’en souviens encore. Ce qui glace, ce n’est pas la violence, c’est la politesse. Il est cultivé, il est courtois, il a un temps d’avance sur tout le monde, et on finit par se surprendre à espérer qu’il s’en sorte. Hopkins est à l’écran nettement moins longtemps qu’on ne le croit, ce qui rend la performance encore plus impressionnante.

Première place : le Joker de Heath Ledger, dans The Dark Knight, de Christopher Nolan, 2008. Nolan revient deux fois dans mon classement et je n’y peux rien. Ce personnage n’a ni motivation ni plan cohérent, il ne veut rien obtenir, il veut seulement démontrer que les gens bien sont plus fragiles qu’ils ne le croient. Le maquillage qui bave, la démarche, la façon de se lécher les lèvres avant de parler. Je l’ai vu au cinéma à dix-huit ans et je suis sortie de la salle sans dire un mot pendant dix minutes, ce qui, me concernant, tient du miracle médical.

Mention honorable à quelques-uns que j’ai dû laisser dehors, dont la marâtre de Cendrillon et le shérif de Nottingham, parce qu’un top cinq reste un top cinq. J’ai aussi remarqué en écrivant que trois de mes cinq choix viennent de films britanniques ou d’acteurs britanniques. Cela ne surprendra personne ici.

À vous maintenant. Quel est le méchant que vous détestez avec le plus d’enthousiasme ? Je prends toutes les suggestions, y compris celles qui vont me faire honte de ne pas y avoir pensé. Rendez-vous samedi prochain.

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