TFMA : ces répliques que je ressors à toutes les sauces
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Je publie à une heure indécente et je m’en excuse platement. J’avais prévu de m’y mettre ce matin, sauf que la journée m’a filé entre les doigts entre les courses, un ménage repoussé depuis trois semaines et un coup de fil qui a duré une éternité. Bref, le rendez-vous du samedi arrive en retard chez moi. Mais il arrive, et le thème de la semaine chez BigreGirl me plaisait beaucoup trop pour que je le saute : les répliques devenues cultes.
Petit avertissement avant de commencer : ma sélection n’a rien d’objectif et je n’ai pas la prétention de vous livrer les plus belles phrases de l’histoire du cinéma. Ce sont juste celles que ma famille et moi nous balançons à table depuis si longtemps que plus personne ne sait qui a commencé. Chez moi, une réplique culte, c’est une phrase qu’on ressort sans même repenser au film d’où elle sort.
Mon classement du soir, de la cinquième à la première
Cinquième place, « C’est des malades ! », dans « Les Visiteurs » de Jean-Marie Poiré. Techniquement, ce n’est même pas la réplique du personnage principal : c’est le facteur qui hurle ça en détalant, après que Jacquouille l’a pris pour un sarrasin dans une charrette du diable. Christian Clavier a écrit assez de phrases mémorables dans ce film pour occuper un classement entier, mais celle du pauvre postier me fait rire à chaque fois. Cette panique dans la voix, ce petit couinement aigu. J’en pleure encore.
Quatrième place, « Il fait au moins moins 8000 ! », lâché par Numérobis dans « Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre ». Je ne suis pas très comédie française d’habitude, j’ai souvent l’impression de me forcer à rire. Alain Chabat en 2002 a fait exception. Jamel Debbouze débarque en Gaule, se prend le froid en pleine figure et sort cette phrase absurde, et tout le film part de là. Ma sœur me la répète chaque hiver dès qu’on passe sous les cinq degrés.
Troisième place, tout le passage de Juste Leblanc dans « Le Dîner de cons » de Francis Veber. Jacques Villeret qui s’obstine à chercher le prénom d’un homme qui s’appelle Juste, Thierry Lhermitte qui sent la soirée lui échapper. C’est du théâtre filmé, ça ne coûte rien à mettre en scène, et pourtant ça reste l’une des minutes les plus efficaces que je connaisse. La preuve : je viens de la réécrire de mémoire, quatorze ans après, sans avoir besoin de vérifier.
Deuxième place, « Je suis le roi du monde ! » dans « Titanic ». Oui, je sais. On a tous fait le geste sur une rambarde de ferry en croyant être très originaux. Cette réplique a été moquée, parodiée, usée jusqu’à la corde, et elle marche encore parce qu’elle dure quatre secondes et qu’elle résume un personnage entier. J’avais onze ans quand j’ai vu ce film et j’ai passé les mois suivants à me prendre pour Rose.
Première place, forcément : « Après tout, demain est un autre jour », la dernière phrase de Scarlett O’Hara dans « Autant en emporte le vent ». Vivien Leigh la prononce debout, ruinée, abandonnée, et elle transforme une défaite complète en promesse. Je l’ai lue chez Margaret Mitchell avant de la voir à l’écran et j’avoue avoir été un peu déçue de découvrir que le film me marquerait davantage que le roman sur ce point précis. C’est la seule réplique de ma liste que je me dis à moi-même quand la journée a été mauvaise, sans ironie aucune.
Pourquoi certaines phrases collent et d’autres non
En relisant mon classement, je remarque un truc. Aucune de ces phrases n’est brillante prise toute seule. « C’est des malades » n’a rien d’un sommet d’écriture. Ce qui reste, c’est l’endroit exact où la phrase tombe, le visage de celui qui la dit, le silence juste avant. Une réplique culte, ce n’est pas de la belle langue, c’est du timing.
L’autre point commun, c’est que je les ai toutes entendues plusieurs fois avant de les rattacher à leur film. Elles circulaient dans la famille, à la récré, dans les couloirs. Le cinéma nous fournit des phrases qu’on s’approprie et qu’on finit par utiliser comme des mots de passe entre gens qui ont vu les mêmes choses. Ça vaut bien un classement du samedi soir.
Je suis incapable de retenir un numéro de téléphone ou un code de carte bleue, et j’ai un stock inépuisable de dialogues de films dans la tête. Le cerveau a ses priorités. Et vous, quelles sont les phrases que vous ressortez sans y penser ? Je prends toutes les suggestions, surtout celles qui me feront rire en pleine rue. À samedi prochain, et cette fois j’essaierai d’être à l’heure.