TFMA : les héros que l’on admire
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Me revoilà avec le rendez-vous du samedi lancé par BigreGirl. Je fais vite aujourd’hui : c’est le premier jour de l’automne et surtout l’anniversaire de ma chère maman, ce qui veut dire retour à la maison après un mois sans les voir. Je compte bien en profiter, donc allons droit au but. Cette semaine, on parle des héros que l’on admire sur grand écran.
Cinquième place : Elizabeth II, incarnée par Helen Mirren dans The Queen, de Stephen Frears, sorti en 2006. Je suis angliciste et je l’assume totalement. Le film raconte les jours qui suivent la mort de Lady Di, et la façon dont une souveraine formée à ne rien montrer se retrouve face à un pays qui exige exactement le contraire. C’est certainement romancé, je le sais. Helen Mirren y est bouleversante et son Oscar était mérité. J’avais sept ans en août 1997, et je me souviens parfaitement du tunnel de l’Alma aux informations, ce qui me rend ce film beaucoup moins abstrait qu’il ne devrait l’être.
Quatrième place, la médaille en chocolat : Holly Golightly, par Audrey Hepburn, dans Diamants sur canapé. Vous allez finir par croire que je suis payée par la succession Hepburn. Ce qui m’impressionne chez elle, ce n’est pas l’élégance, c’est le culot. Une fille qui s’est inventée de toutes pièces, qui tient sa peur à distance en riant très fort, et qui refuse jusqu’au bout de se laisser ranger dans une case. Ce n’est pas une héroïne exemplaire, elle est même assez pénible. C’est justement pour ça.
Le haut du classement
Troisième place : Samsagace Gamegie, dans la trilogie du Seigneur des Anneaux de Peter Jackson, entre 2001 et 2003, joué par Sean Astin. Tout le monde parle de Frodon, d’Aragorn, des grandes destinées. Moi je regarde le jardinier. Celui qui n’a aucun pouvoir, aucun titre, aucune raison d’être là, et qui porte l’autre sur son dos quand il n’avance plus. Le courage sans panache, celui qui consiste à rester, m’impressionne bien davantage que les épées.
Deuxième place : Atticus Finch, par Gregory Peck, dans Du silence et des ombres, de Robert Mulligan, 1962, d’après le roman de Harper Lee paru deux ans plus tôt. Un avocat de province qui décide de défendre correctement un homme noir accusé à tort, dans une petite ville du Sud qui ne le lui pardonnera pas. Il perd, et il continue. J’ai découvert ce film assez tard et il m’a donné une leçon désagréable : le héros n’est pas celui qui gagne, c’est celui qui tient sa position quand tout son entourage lui explique qu’il a tort.
Première place, et je suis la première étonnée : Ellen Ripley, par Sigourney Weaver, dans Alien de Ridley Scott, 1979. Je ne suis pas du tout une fille de science-fiction. J’ai vu ce film par hasard, un soir, en m’attendant à passer une heure et demie derrière un coussin. Ce que j’y ai trouvé, c’est une femme qui a peur, qui le montre, et qui fait quand même ce qu’il y a à faire. Elle n’est pas surhumaine, elle réfléchit vite et elle refuse d’obéir aux ordres stupides. Pour un film de 1979, avoir donné ce rôle à une actrice plutôt qu’à un acteur relève encore aujourd’hui du geste remarquable.
Ce classement m’a appris quelque chose sur moi. Je pensais admirer les héros lumineux, ceux qui sauvent le monde en musique. En réalité, mes cinq places vont à des gens qui restent debout dans des situations où personne ne les félicite. Une reine qui ne sait pas pleurer en public, une fille qui joue la comédie pour ne pas s’effondrer, un jardinier, un avocat qui perd son procès et une survivante en sueur. Il faudra que je creuse ça un jour.
Sur ce, je file, il y a un gâteau qui m’attend et une mère à embrasser. Donnez-moi vos héros en commentaire, j’ai bien l’impression qu’il me manque au moins trois évidences.