TFMA : moteur, action, et mes X semaines de retard
Culture·4 min de lecture
Bonjour tout le monde. Je n’ai rien publié depuis un moment et je n’ai même pas de bonne excuse cette fois. Enfin si : j’ai quatre articles commencés et aucun terminé, ce qui revient à ne rien avoir écrit du tout. Le rendez-vous du samedi de BigreGirl m’a échappé un nombre de fois que je préfère ne pas compter. Bigre, si tu me lis, ne tape pas, je vais tenir mon calendrier à jour, promis juré.
Le thème de cette semaine tombe bien parce qu’il est de ceux auxquels je peux répondre sans réfléchir trois heures : les réalisateurs auxquels on ne résiste pas. Ceux dont on va voir le film sans même lire le résumé.
Cinq noms au générique et je prends ma place
Cinquième place : Guillaume Canet. J’aimais déjà l’acteur dans un bon nombre de ses rôles, et quand j’ai découvert « Ne le dis à personne » en 2006, j’ai pris une gifle. Adapter un roman d’Harlan Coben en le transposant en France pouvait tourner au désastre, et le résultat tient debout de bout en bout, porté par un François Cluzet que je n’avais jamais vu comme ça. Le film lui a valu le César du meilleur réalisateur l’année suivante, ce qui n’a rien volé à personne. Je suis remontée voir « Mon idole » ensuite, puis « Les Petits Mouchoirs », avec beaucoup moins d’enthousiasme sur le dernier, mais le nom sur l’affiche continue de me faire acheter un billet.
Quatrième place : Joe Wright. Je devrais dire un jour tout le bien que je pense de son « Orgueil et Préjugés » de 2005, malgré ce que j’écrivais plus haut sur ma préférence pour la version en six épisodes. Il a enchaîné avec « Reviens-moi », qui m’a mise par terre, et son « Anna Karénine » sorti en décembre reste le film le plus étrange que j’aie vu cette année. Tout le récit se déroule dans un théâtre, les décors changent à vue, et on adhère ou on décroche dans les vingt premières minutes. J’ai adhéré.
Troisième place : Blake Edwards, disparu il y a deux ans. « Diamants sur canapé » suffirait à le placer ici, avec Audrey Hepburn devant une vitrine à l’aube. Il a aussi signé « Victor Victoria », que je regarde chaque fois que le moral flanche, et toute la série de la Panthère rose. Un homme capable de passer du burlesque le plus lourd à la mélancolie la plus fine dans le même film mérite une place dans n’importe quel classement.
Deuxième place : Tim Burton. Je sais qu’il est de bon ton de dire qu’il se répète, et ce n’est pas complètement faux ces dernières années. Reste « Edward aux mains d’argent », que j’ai vu bien trop jeune et qui m’a laissé une trace durable, et « Big Fish », qui parle de raconter des histoires et de mourir en beauté. Deux films sur des gens qui ne rentrent nulle part. Ça me suffit.
Première place : Jean-Pierre Jeunet. « Delicatessen », coréalisé avec Marc Caro, m’a fait comprendre à l’adolescence qu’un film français pouvait ressembler à autre chose qu’à un salon parisien. « Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain » a été tellement diffusé, moqué et parodié qu’on oublie à quel point la mise en scène y est précise. Et « Un long dimanche de fiançailles », tiré du roman de Sébastien Japrisot, tient sur une seule idée qui me bouleverse encore : quelqu’un refuse d’admettre une mort et va la chercher jusqu’au bout. Aucun de ses films ne ressemble à un autre metteur en scène, et c’est assez rare pour le mettre en tête.
Le rattrapage, en accéléré
Pour les semaines que j’ai manquées, je vais faire vite parce que je n’ai pas d’excuse à étirer. Sur les films qu’on n’aurait jamais dû voir, je n’avais rien à proposer, ce qui prouve surtout que je choisis mal mes séances. Sur ceux qu’on est allé voir plusieurs fois en salle, mon compteur s’arrête à deux, faute de moyens à l’époque. Et sur les thèmes musicaux, j’ai commencé un brouillon qui traîne encore avec les quatre autres.
En regardant mon classement, je vois que quatre de ces cinq réalisateurs ont adapté un roman à un moment ou à un autre. Je ne l’avais pas fait exprès, et ça finit par ressembler à une manie. J’aime visiblement les gens qui savent transformer une écriture en images sans la trahir complètement.
Dites-moi les vôtres. Je cherche justement de quoi remplir mes prochaines soirées, maintenant que j’ai décidé de m’y remettre sérieusement. À samedi prochain, et cette fois j’y crois vraiment.