TFMA : quand le 7e Art vire au fantasme
Culture·4 min de lecture
Bonsoir tout le monde. Trois semaines sans le moindre billet, je sais, c’est impardonnable. J’ai quand même une excuse honorable : j’ai trouvé du travail. Fini les journées passées à envoyer des candidatures et à surveiller ma boîte mail toutes les dix minutes. Je vais devoir réapprendre à écrire le soir, mais j’aime autant ce problème-là que le précédent.
J’ai raté deux thèmes du rendez-vous de BigreGirl entre-temps et je ne vais pas les rattraper, faute d’avoir quoi que ce soit à y mettre. En revanche, celui de cette semaine me va parfaitement, et j’ai bien peur qu’il ne me ridiculise complètement : les rôles masculins qui font fantasmer. Ne me dites pas que ça ne vous est jamais arrivé, je ne vous croirai pas une seconde.
Cinq rôles, cinq moments de faiblesse
Cinquième place : Kevin Costner en Garret Blake dans « Une bouteille à la mer ». J’aurais pu choisir « Robin des Bois, prince des voleurs » ou « Bodyguard », qui ont bercé mon adolescence, mais c’est dans ce film-là que ça a fonctionné pour de bon. Un veuf qui répare son voilier au bord de l’eau et qui écrit des lettres à sa femme morte, avec Paul Newman en père bougon derrière lui. Le film n’est pas très bon, la critique l’a démoli, et je le regarde quand même à chaque diffusion. Nicholas Sparks m’aura eue.
Quatrième place : Patrick Swayze dans « Ghost ». Je pourrais vous parler de « Dirty Dancing », ce serait le choix évident, mais Sam Wheat me touche davantage que Johnny Castle. Peut-être parce qu’il passe le film entier à essayer de se faire entendre de la femme qu’il aime sans y arriver. C’est un fantasme un peu bizarre, je vous l’accorde, tomber amoureuse d’un type déjà mort à la dixième minute.
Troisième place : Richard Armitage en John Thornton dans « North and South », la mini-série que la BBC a tirée du roman d’Elizabeth Gaskell en 2004. Un patron de filature du nord de l’Angleterre, buté, dur avec ses ouvriers, incapable de dire ce qu’il ressent, et qui met quatre épisodes à devenir fréquentable. J’ai découvert cette adaptation par hasard et j’ai enchaîné les épisodes en une soirée. Si vous ne l’avez pas vue, arrêtez de lire ce billet et allez la chercher.
Deuxième place : Hugh Dancy en Aiden dans « Blood and Chocolate ». Le film, tiré du roman d’Annette Curtis Klause, se passe à Bucarest et raconte une histoire de loups-garous avec un budget visiblement serré. Ce n’est pas du grand cinéma, je le reconnais sans problème. Mais Hugh Dancy en dessinateur américain paumé au milieu d’une meute, avec cet accent et cette façon de sourire de travers, ça a suffi à me faire aimer le film pour de mauvaises raisons. C’est mon Britannique préféré, toutes catégories confondues.
Première place : Colin Firth en Mr Darcy dans l’adaptation de « Orgueil et Préjugés » diffusée par la BBC en 1995. Je vous vois venir, c’est le choix le plus prévisible qui soit pour une blogueuse littéraire, et je l’assume totalement. Ce Darcy-là est raide, hautain, franchement désagréable pendant la moitié du récit, et c’est précisément ce qui rend la suite intéressante. Andrew Davies a écrit cette adaptation en six épisodes, sans se presser, et le résultat rend justice à Jane Austen comme aucune version cinéma n’y est parvenue depuis.
Ce que ce classement dit de moi
En me relisant, je constate deux choses gênantes. La première, c’est que trois de mes cinq choix sont britanniques, ce qui ne surprendra personne ici. La seconde, c’est que je n’ai retenu aucun rôle de séducteur. Ils sont tous taciturnes, contrariés, empêchés d’une manière ou d’une autre. Apparemment, je n’aime pas les hommes qui savent parler.
Il y a aussi le fait que la moitié de cette liste vient de romans. Sparks, Gaskell, Klause, Austen. Je crois que je tombe amoureuse du personnage écrit avant de tomber amoureuse de l’acteur, et que le comédien récupère le crédit d’un travail fait bien avant lui. Ça ne m’empêchera pas de continuer.
Voilà, j’ai déballé mes faiblesses pour la semaine. Racontez-moi les vôtres en commentaire, ça m’évitera de me sentir seule. Et promis, avec le nouveau rythme, j’essaie de ne pas laisser passer trois semaines avant le prochain billet.