TFMA : maman, c’est quand qu’on voit la suite ?
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Écrit entre deux services, littéralement. Depuis que je travaille, mes articles se rédigent par morceaux de quinze minutes, et je crois que ça se sent. Peu importe, c’est samedi, et samedi rime avec le rendez-vous de BigreGirl. Le thème du jour me parle beaucoup trop : les suites qu’on aurait aimé voir arriver et qui ne sont jamais venues.
C’est un sujet piégeux, parce qu’on réclame toujours une suite à un film qu’on a aimé et qu’on est déçu neuf fois sur dix quand on l’obtient. Je vais quand même jouer le jeu, avec une petite entorse au règlement en fin de classement.
Les suites que j’attends toujours
Cinquième place : « La Boum ». Il existe deux films de Claude Pinoteau et il en manque un troisième. Je voudrais savoir ce que deviennent Vic et Philippe après la scène du train, si le petit frère ressemble à sa sœur, comment les parents ont survécu à tout ça. On me répondra que « L’Étudiante », sorti en 1988, remplit ce rôle, et je ne suis pas d’accord une seconde. Sophie Marceau et Vincent Lindon y sont très bien, mais le personnage s’appelle Valentine, l’histoire n’a plus rien à voir, et ça ne fait pas une suite. Ça fait un autre film avec la même actrice. Et oui, à quatorze ans j’étais folle de Pierre Cosso, comme la France entière.
Quatrième place : « Blood and Chocolate ». Le film de Katja von Garnier s’arrête pile au moment où l’histoire devenait intéressante. Vivian, la meute, Bucarest, Aiden qui débarque là-dedans sans rien comprendre. Le roman d’Annette Curtis Klause dont le film s’inspire prend d’ailleurs des chemins assez différents, ce qui me laisse penser qu’il y avait matière à continuer. Personne n’a suivi, le film n’a pas fait d’entrées, et je reste avec mes questions. Et avec Hugh Dancy, mais ça je l’ai déjà dit la semaine dernière.
Troisième place : « Dirty Dancing ». Là, on m’objectera qu’une suite existe, sortie en 2004, située à Cuba, avec d’autres personnages. Je l’ai vue. Je n’en garde à peu près rien. Ce n’est pas ce que je demandais. Je voulais savoir ce que Baby fait de sa vie après cet été-là, si elle part vraiment travailler à l’étranger, si Johnny et elle se recroisent dix ans plus tard dans une gare. Le genre de suite qu’on ne tourne jamais parce qu’elle serait triste.
Deuxième place, et c’est mon entorse au règlement : « Ghost ». Celui-là, je ne veux surtout pas de suite. Jamais. Le film de Jerry Zucker se termine exactement où il faut, sur une lumière et une phrase, et n’importe quelle prolongation ruinerait l’affaire. Je le mets dans ce classement parce que c’est le seul film pour lequel j’ai vraiment eu peur qu’on y touche.
Première place : « Autant en emporte le vent ». La suite existe, en fait, et c’est bien le problème. Alexandra Ripley a écrit « Scarlett » en 1991, avec l’accord des ayants droit de Margaret Mitchell, et une mini-série en a été tirée quelques années plus tard. J’ai lu le roman en entier, avec beaucoup de bonne volonté, et je n’ai pas retrouvé une ligne de la voix qui m’avait tenue éveillée des nuits entières. Ce n’est pas la faute de l’auteure, la commande était impossible à honorer. Reste que la vraie suite, celle que je voulais, celle qui commence après « demain est un autre jour », personne ne l’écrira jamais.
Pourquoi on réclame des suites qu’on ne veut pas vraiment
Je crois qu’en réclamant une suite, on ne demande pas un autre film. On demande à ne pas quitter des gens. C’est exactement ce que je ressens en fermant un roman que j’ai aimé : ce n’est pas l’intrigue qui me manque, c’est la compagnie. Les studios l’ont bien compris et nous vendent régulièrement des retrouvailles qui ne ressemblent à rien.
Le cas de « Scarlett » me sert de leçon à chaque fois que je m’emballe. On peut retrouver les personnages, les décors et même le rythme, il manquera toujours la personne qui les avait inventés. Et ce n’est pas remplaçable.
Dites-moi quelles suites vous attendez encore, et surtout lesquelles vous préférez ne jamais voir. Je soupçonne cette seconde liste d’être bien plus intéressante que la première. On se retrouve samedi prochain, si le planning me laisse respirer.