« Coupable ! I love you » d’Isa Lawyers : le pavé que j’attendais
New romance·5 min de lecture
Bonjour tout le monde ! Je n’ai pas beaucoup écrit ces dernières semaines, la faute à un emploi du temps qui a décidé de faire des siennes. Mais il y a des sorties qu’on ne rate pas, même quand on a l’impression de courir après ses journées. Aujourd’hui, je vous parle de Coupable ! I love you d’Isa Lawyers, qui arrive en librairie ce 12 novembre chez Fyctia. J’ai passé trois soirées avec ce roman et je vous préviens tout de suite : je n’ai pas beaucoup dormi.
Petit rappel pour celles et ceux qui découvrent : ce texte a d’abord vécu en ligne, sur la plateforme d’écriture Stories by Fyctia, avant d’être retravaillé pour l’édition papier. Je ne l’avais pas lu à l’époque, par manque de temps, et je le regrette un peu maintenant. Ce que j’aime avec cette maison, c’est qu’elle va chercher ses textes là où les lecteurs se sont déjà prononcés. Ça ne garantit rien, mais ça donne souvent des romans qui savent exactement ce qu’ils veulent provoquer chez nous.
C’est quoi le pitch ?
Sarah est une jeune avocate parisienne entièrement dévouée à son travail. Elle enchaîne les dossiers, les nuits courtes, et sa famille commence sérieusement à trouver le temps long. On lui répète qu’elle passe à côté de sa vie, elle répond qu’elle construit sa carrière, et le dialogue tourne en rond depuis des années. Puis Hélias entre dans le cadre, et l’équilibre soigneusement verrouillé de Sarah se met à vaciller. Le titre annonce la suite sans détour : il y aura un coup de foudre, il y aura un mensonge, et il y aura des conséquences.
Je ne vous en dis pas plus sur la nature exacte du secret, parce que le roman prend son temps pour l’installer et que ce serait dommage de gâcher l’effet. Sachez seulement qu’il ne s’agit pas d’un malentendu de quinze pages qu’un coup de téléphone aurait suffi à dissiper. Isa Lawyers construit quelque chose de plus solide que ça.
On en pense quoi ?
Commençons par ce qui m’a le plus surprise : Sarah. J’ai lu tellement d’héroïnes de romance qui s’excusent d’être ambitieuses, qui découvrent au chapitre douze que leur métier ne les rendait pas heureuses et qu’il fallait juste rencontrer le bon type. Ici, non. Sarah aime son travail. Elle est bonne dans ce qu’elle fait et le roman ne lui demande jamais de choisir entre sa robe d’avocate et ses sentiments. Ça paraît idiot de le souligner, mais ça reste assez rare pour que je le note.
Le ressort du mensonge, en revanche, c’est mon ennemi juré. D’habitude je râle, je soupire, je secoue mon livre en marmonnant que personne ne parle jamais franchement dans ces histoires. Là, ça passe, et je crois savoir pourquoi : l’autrice ne cache pas l’information au lecteur pendant six cents pages pour ménager un effet de surprise. On sait, ou on devine assez vite, et la tension vient de l’attente du moment où Sarah saura à son tour. C’est beaucoup plus efficace, et beaucoup moins agaçant.
Côté température, on est sur une romance clairement adulte, avec des scènes explicites et assez nombreuses. Elles ne m’ont jamais paru gratuites ni vulgaires, ce qui n’était pas gagné vu le contexte dans lequel le couple se rencontre. Isa Lawyers écrit le désir sans le rendre glaçant, et elle garde l’attention sur ce que ses personnages ressentent plutôt que sur la chorégraphie. Si vous êtes allergique à ce registre, passez votre chemin, le roman ne fait pas semblant.
Et les 800 pages, alors ?
Soyons honnêtes, quand j’ai reçu le colis, j’ai eu un mouvement de recul. Presque huit cents pages, c’est une brique. Ça ne rentre pas dans un sac normal, ça ne se lit pas d’une main dans les transports, et ça vous casse le poignet si vous lisez couchée. J’ai donc abordé ce roman avec une certaine méfiance, en me disant que j’allais y passer deux semaines.
Trois soirées. Le rythme est là, les chapitres sont courts, et l’autrice a le bon réflexe de couper au moment où on voudrait justement savoir la suite. Je ne dirai pas pour autant que tout est parfaitement tenu : il y a un ventre mou quelque part au milieu, une centaine de pages où les personnages tournent autour du même conflit sans le faire avancer. J’aurais signé pour un roman de six cents pages un peu plus serré. Mais je suis mauvaise juge, j’ai aussi tendance à trouver que les histoires que j’aime s’arrêtent toujours trop tôt.
En résumé : une romance intense, deux têtes de mule qui se cognent l’une à l’autre pendant des centaines de pages, et une héroïne qui n’a pas besoin de renoncer à sa vie pour mériter la sienne. Si vous cherchez de quoi tenir pendant les longues soirées de novembre, celui-là fera parfaitement l’affaire. Vous trouverez mes autres chroniques de romance par ici si le cœur vous en dit. Et vous, vous l’aviez lu en ligne ?