Une pile de romans aux tranches colorées sur un rebord de fenêtre — illustration de « « La Promesse » de Mia Sheridan, un mariage arrangé au milieu des vignes »

« La Promesse » de Mia Sheridan, un mariage arrangé au milieu des vignes

New romance·4 min de lecture

Bonjour tout le monde ! Aujourd’hui je vous parle d’un roman qui sort chez Hugo Roman et que j’attendais avec beaucoup, beaucoup d’envie : « La Promesse » de Mia Sheridan. Le mariage arrangé fait partie de mes ressorts préférés en romance, celui pour lequel je pardonne à peu près tout, alors autant vous dire que je suis arrivée avec une bienveillance suspecte.

Un contrat, deux naufragés

Kira croise Grayson dans une banque et comprend qu’il cherche de l’argent. Elle en a, ou plutôt elle en aura, puisqu’elle doit hériter d’une somme à condition de se marier. La proposition qu’elle lui fait est aussi inhabituelle que directe. Grayson, lui, s’est juré de restaurer le vignoble familial en Californie et n’a pas les fonds. Il accepte à reculons, avec l’enthousiasme d’un homme qui signe un mauvais contrat en sachant que c’est le seul disponible.

Ils n’ont apparemment rien en commun, sauf des préjugés bien installés l’un sur l’autre. Un été passe. Vous connaissez la chanson, et pourtant je l’ai écoutée jusqu’au bout sans m’ennuyer.

Le décor fait la moitié du travail

Le vignoble abandonné est une trouvaille. On a un domaine à l’agonie, des vignes qu’il faut sauver saison après saison, une maison qui prend l’eau, un travail physique et têtu. Toute l’histoire d’amour se joue là-dedans sans qu’on ait besoin de nous l’expliquer. Deux personnes qui remettent debout quelque chose de cassé pendant qu’elles se remettent debout elles-mêmes, c’est un peu appuyé sur le papier, et ça fonctionne parfaitement à la lecture parce que Mia Sheridan reste concrète. On parle de terre, d’outils, de factures, pas de symboles.

J’ai aussi beaucoup aimé la manière dont l’autrice traite la honte de Grayson. Un homme qui a déçu sa famille, qui vit avec cette étiquette collée au front et qui a fini par se convaincre qu’elle est méritée, c’est un ressort casse-gueule. Il aurait pu être insupportable de complaisance. Il ne l’est pas, parce qu’on le voit surtout travailler, se taire, et rater ses tentatives d’explication.

Kira, ou l’héroïne qui n’est pas là par hasard

Ce qui m’a évité l’agacement, c’est que Kira ne se pose pas en sauveuse. Elle vient avec ses propres blessures, sa propre solitude, son besoin de fabriquer un foyer par n’importe quel moyen, y compris un mariage de papier avec un inconnu ronchon. Le roman prend le temps de nous montrer d’où elle vient et pourquoi cette combine invraisemblable lui semble une bonne idée.

La montée en tension est lente, ce qui est exactement ce que je demande dans ce genre d’histoire. Les premières semaines sont faites de cohabitation contrariée, de politesses coincées et de silences un peu longs. Puis une main qui frôle une autre au mauvais moment, et voilà, on ne lâche plus le livre. Mia Sheridan sait faire durer, c’est sa grande qualité.

Là où j’ai levé un sourcil

La mécanique de l’héritage conditionné au mariage demande une bonne dose d’indulgence. C’est un ressort venu tout droit du roman du dix-neuvième siècle et il grince un peu dans un décor contemporain. J’ai accepté le contrat de lecture parce que le reste tient, mais il faut le savoir en ouvrant le livre.

Le dernier quart, ensuite, empile les épreuves. Une de plus, et j’aurais soupiré. Il y a une malchance de trop, un obstacle qui arrive uniquement pour retarder le moment où ces deux-là vont enfin se parler comme des adultes. J’aurais préféré une résolution plus sobre et plus longue.

Enfin, l’entourage reste très fonctionnel. L’ami qui donne le bon conseil, le voisin bourru au grand cœur, on les connaît. Ils font leur travail et repartent en coulisses.

Malgré ces réserves, j’ai passé un très bon moment. C’est une romance qui prend son temps, portée par un décor qui lui va bien et par deux personnages abîmés qu’on a envie de voir s’en sortir. Si vous aimez les mariages de convenance et les histoires où l’attirance se construit par petites touches, celui-ci est pour vous. Et si vous cherchez d’autres suggestions dans le même registre, tout est rangé du côté de mes chroniques.

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